Lyon

A la découverte de Lyon #1

La Giclée t’emmène à la découverte de Lyon ! Une petite visite guidée à travers la toponymie et les anecdotes plus ou moins improbables de la ville, où tu trouveras forcément de quoi briller en société ! Alors que ce soit pour impressionner ton crush de TD à la pause-café, tes potes en soirée ou même tes parents, tu es au bon endroit.

Quand je suis arrivée à Lyon pour ma première année, c’était la première fois que je déménageais, et surtout que je déménageais dans une ville. Après la nouveauté de l’installation, l’habitude prend place assez vite, et l’envie d’en découvrir plus arrive.

Ce que j’ai fait au début, c’est que je suis allée me perdre dans la ville, avec juste un plan TCL dans mon sac. Une fois que j’ai commencé à connaître un petit peu les endroits, les quartiers (et les bons bars, il ne faut pas perdre certains objectifs de vue), j’ai commencé à vouloir en savoir plus sur la ville : l’étymologie des noms des lieux et des bâtiments, ou encore simplement connaître des anecdotes sur ma nouvelle ville adoptive. Je vous partage ce que j’ai pu apprendre sur la plus belle ville du monde.

2018.11.18 - Vue de Lyon 1
Lyon la plus belle <3 Crédits: Ardélia Ferlat

Commençons par le commencement : Lugdunum. Plus littéralement, son nom latin signifie la « colline de Lug », le dieu gaulois de la lumière. Et par glissement progressif, le nom de la cité est devenu Lugdon, puis Luon, pour arriver enfin à Lyon vers le 13ème siècle. D’ailleurs, en parlant de nom, Lyon a de nombreux surnoms : ville des lumières ou du cinéma, capitale des Gaules ou de la gastronomie française (et ouais, rien que ça) … Mais il en existe de plus surprenants !

Une petite recherche rapide sur l’Internet mondial nous apprend aussi que Lyon est appelée Myrelingues la Brumeuse. Ce nom plutôt original et peu explicite a été donné par Rabelais à la ville, interloqué par le nombre de langues et de dialectes qui étaient parlées lors des foires de la ville.

Ou encore, plus récemment, dans les années 1960-70, les journaux faisaient référence à Lyon avec le nom de « Chicago-sur-Rhône ». La criminalité dans la ville était tellement importante qu’on la comparait à la ville américaine des gangsters. Si vous voulez en savoir plus sur le Lyon gangster, je vous conseille d’aller voir les affaires autour du gang des Lyonnais, avec le célèbre « casse du siècle » à l’Hôtel des Postes de Strasbourg. Ou alors de leur implication dans l’assassinat du juge François Renaud, chargé de démanteler les réseaux criminels. Toujours dans la même trempe, je pourrais vous parler de l’enlèvement sur le chemin de l’école de Christophe Mérieux, fils du gérant de la société pharmaceutique BioMérieux, âgé de 9 ans à l’époque. Même si tout s’est bien fini, la rançon demandée est encore aujourd’hui le record en France: 20 millions de francs, soit presque 14 millions d’euros.

Certains monuments et lieux de la ville sont tout aussi improbables que ses surnoms, et c’est particulièrement vrai pour la place des Terreaux et ses alentours.

On n’y prête pas forcément attention lorsqu’on y passe à 3h30 du mat’ avec 2 grammes d’alcool dans le sang, mais la fontaine Bartholdi est une source intarissable d’anecdotes en elle-même. Déjà, elle n’aurait jamais dû se retrouver à Lyon, mais à Bordeaux. La fontaine a été commandée par le maire de Bordeaux en 1888 et représente la Garonne, mais elle n’a jamais été achetée par Bordeaux. Bartholdi se retrouve avec une œuvre en trop, qu’il vend à la mairie de Lyon au rabais et qui sera installée sur la place des Terreaux en 1892. Et voilà comment on hérite d’une allégorie de la Garonne en plein centre-ville de Lyon !

2018.11.18 - Fontaine Bartholdi
La fontaine Bartholdi. Crédits: Ardélia Ferlat

 

Mais la fontaine Bartholdi, ce n’est pas seulement un petit bout de Bordeaux au pays des pralines roses, c’est aussi un petit bout de New-York. Car la fontaine est la petite sœur de la Statue de la Liberté : tout le monde connaît son ingénieur, Gustave Eiffel, mais peu de monde connaît aussi son sculpteur, Frédéric Auguste Bartholdi. La mairie de Bordeaux n’aurait d’ailleurs jamais fait construire la fontaine si Bartholdi n’avait pas eu une petite poussée de célébrité grâce à la Dame Liberté – donc on peut sûrement dire merci aux ricains pour cette statue.

Toujours sur la place des Terreaux, une autre surprise vous attend si vous levez un peu les yeux.

Sur la façade de l’hôtel de ville, on peut voir un roi sur son cheval : il s’agit d’Henri IV, facilement reconnaissable avec sa barbe bouclée. Mais à l’origine, ce n’était pas lui sur ce cheval, mais Louis XIV. Le roi soleil a été retiré de la façade à la Révolution pour être remplacé au XIXème siècle par Henri IV, une figure plus « consensuelle » de la monarchie.

2018.11.18 - Statue Hotel de ville
Crédits: Ardélia Ferlat

Mais ce n’est en réalité pas non plus étonnant qu’on ait coupé la tête du roi sur la place des Terreaux, car c’est aussi sur cette place qu’a été installée la guillotine pendant la Révolution.

Pas très loin de la place des Terreaux se trouve la rue Mercière. Cette rue m’a toujours fascinée, et je ne comprenais pas vraiment ce qui me troublait, jusqu’à ce que je me renseigne sur l’histoire de ce quartier.

Si l’on observe correctement, on s’aperçoit que l’architecture de la rue n’est pas la même des deux côtés. Côté impair, les immeubles sont d’un style très parisien et haussmannien, mais côté pair, ils ressemblent plus à ceux que l’on peut trouver dans le Vieux Lyon, et qui datent de l’époque moderne… Et tout ça, c’est vrai : au XIXème siècle, lorsque Lyon se met à la sauce parisienne en rasant une partie de la Presqu’île et en construisant des immeubles modernes, le chantier s’arrête au milieu de la rue Mercière. Une partie de la rue a été conservée, alors que l’autre a été détruite pour être reconstruite.

2018.11.18 - Ancienne rue des putes et imprimeurs 2
Crédits: Ardélia Ferlat

Ah et j’allais oublier, mais même si on se souvient de la rue Mercière comme la rue des imprimeurs, elle a été aussi pendant un moment le quartier des prostituées de Lyon.

Vous êtes maintenant parés pour briller en soirée: à bientôt pour de nouvelles histoires lyonnaises !

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