Culture

Techno, pas toujours pareil

La musique électronique est souvent décriée pour son aspect soi-disant commercial et son manque d’originalité, les DJ les plus promus de ce genre musical se produisant dans des festivals aux décors grandioses censés, selon les détracteurs de ces artistes, compenser la pauvreté créative d’un set de Dimitri Vegas ou David Guetta. Depuis une dizaine d’années, l’electro semble divisée en deux camps : l’EDM – Electronic Dance Music – un marché brassant des millions de dollars autour de quelques DJ-stars; ainsi que l’electro underground, plus expérimentale, plutôt orientée techno et house. Cependant, de nouveaux petits labels underground semblent se présenter aujourd’hui comme des alternatives à l’EDM. Explications.

Ces deux continents sonores semblent de plus en plus mis en opposition, entre une scène composée d’artistes électros amateurs tentant d’atteindre le succès sur les plateformes de streaming musical actuelles, et des DJ-stars adulés dans des festivals énormes comme Tomorrowland en Belgique. Pourtant, au départ, tout les reliaient : la plupart des DJ les mieux payés mixaient à leurs débuts sur des titres underground, un exemple étant celui de David Guetta  : « Ça a été un sacré boulot de me replonger dans mes vieux disques mais je l’ai fait. […] Ça m’a rappelé des souvenirs incroyables du temps où j’ai commencé à jouer de la house en 1988. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Mais mon coeur est toujours le même ». Bien évidemment, entre un vieux mix effectué sur Commodore 64 – une vieille, trèèès vieille boîte à rythmes câblée comme l’ENIAC – et un lancer de tartes à la crème en plein festival organisé par des producteurs musicaux ultra-friqués, il n’y a pas qu’un pas.

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Si la scène underground est de plus en plus populaire chez les amateurs de musique électronique, c’est avant tout parce que la place de l’artiste y est plus prononcée que son chiffre d’affaire : la musique du DJ en question passe ainsi souvent au premier plan. De plus, c’est un univers musical incroyablement vaste où toutes les branches de l’electro se mélangent, à un tel point qu’il est ardu de faire la distinction, entre l’acid house, la future house, la deep house, à en perdre son latin… Un univers d’autant plus dépaysant car le nombre d’artistes indés – plus ou moins connus – apparaît comme vertigineusement élevé. Des dizaines de labels et de chaînes YouTube proposent leurs morceaux et font furie outre-Atlantique. Commençons en douceur avec un morceau de la chaîne MisterSuicideSheep, spécialisée dans « l’electro liquide », c’est-à-dire, dans les musiques au timbre très lent et mélodieux.

Le Dubstep est quant à lui le fer de lance d’un label très populaire aux Etats-Unis, DubstepGutter, un succès dû entre autres à ses remix des univers de Mario, Zelda, ou encore Rick & Morty. 

Connaissez-vous la track Dubstep la plus Dubstep qui soit ? Un mélange entre des vrombissements de machine à laver et de voiture Diesel ? Celle-ci:

Parmi les maisons de disque electro les plus plébiscitées outre-Atlantique, j’eus le bonheur en cette année 2018 de découvrir Monstercat. Un label canadien fondé en juillet 2011 par deux producteurs, Mark Darlington et Ari Paunonen. Sa popularité est de plus en plus notable depuis le premier et unique single lancé par Krewella, Killin’it. Fin 2018, la chaîne YouTube du groupe compte 7 millions d’abonnés. Un succès pour les deux sous-chaînes de Monstercat, qui s’était séparé en deux l’année précédente : Monstercat Uncaged, fondé par Pegboard Nerds, Stonebank et Dion Timmer, qui contient des titres aux sonorités plus trash et « explosives » selon Nerds. Ainsi que Monstercat Instinct, qui opte plus pour des mélodies de break – fondé par Rogue , Vicetone et Stephen.

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La présentation des morceaux s’effectue sous la forme d’une Waveform – c’est-à-dire, par le motif sonore de la chanson, que l’on retrouve également sur Soundcloud en orange – dont la couleur dépend du genre électronique du son. Le bleu sera orienté vers la trance, le violet vers le dubstep.

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Pourquoi ne pas finir cet article avec une sélection des groupes m’ayant le plus épaté durant l’année 2018 ? Allez, voici une petite sélection de 3 tracks. Vous y trouverez sûrement votre prochaine musique de chevet.

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