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Ecosex, c’est quoi ?

50% de la Kicke et les masterant.e.s en Arts de la scène et du spectacle vivant de Lyon 2 vous écrivent un article sur l’écosexualité (kécecé?) à l’occasion de leur événement Ecosex – Botanique ta plante consentante !

Au centre de cet événement , la projection-test du film Ecosex, a user’s manual, réalisé par Isabelle Carlier, qui sera présente samedi. Nous avons créé des ateliers et des expositions pour nous essayer à une sensibilisation à l’écologie par le biais de la sexualité, la création artistique et l’humour. Mais avant de détailler le programme…

L’écosexualité, c’est quoi ?

C’est un mouvement à la croisée de l’écologie, de la sexualité et de l’art. Il a été créé par Annie Sprinkle, pionnière du post porn féministe, et son conjoint Beth Stephens.
Comme première approche, une vidéo « docul-mentaire » de Monsieur Poulpe qui a rencontré les écosexuels.elles de Portland.

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Qui est Annie Sprinkle ?

Mais impossible de parler du mouvement Ecosex sans en évoquer la créatrice, la maman, ou devrais-je dire la déesse de l’écosexualité, Annie Sprinkle. Elle est américaine, ancienne actrice porno, prostituée, stripteaseuse, aujourd’hui sexologue, autrice, artiste performeuse, réalisatrice… Un tas de trucs badass quoi.
C’est grâce à son métier d’ouvreuse de cinéma X qu’Ellen Steinberg, une jeune américaine, rencontre Gerard Damiano, un réalisateur de films porno, dont elle tombe immédiatement amoureuse, au point de le suivre à New York et de commencer une carrière dans le milieu. Timide et réservée, elle se crée le personnage plus exubérant d’Annie Sprinkle. C’est sous ce nom qu’elle devient l’une des initiatrices du post-porn, un petit mouvement bien sympathique des années 1980 qui proposait de faire du porno un objet politique à des fins féministes. Elle ose des œuvres focalisées sur le plaisir féminin, brouille les distinctions entre les sexes, ce qui renverse les rapports de domination habituels dans la pornographie et laisse une plus grandes libertés aux participant.e.s. Ces mêmes idées se retrouvent dans ses œuvres performatives, dont l’écosex qui est une combinaison de sa vision débridée du sexe et de ses convictions écologiques.

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L’écosexualité consiste donc à considérer la Terre comme son amante.

Cela nous obligerait à la traiter comme notre égale, à la respecter et à se soucier de son consentement. Cette personnification  s’accompagne de toute une mise en scène d’Annie et Beth, qui font des performances artistiques écosexuelles. En effet, le mouvement contient une bonne dose d’humour et d’autodérision qui incite à militer pour l’écologie de manière ludique, en prenant du plaisir. On note aussi que l’écosexualité est une formidable occasion pour Annie et Beth de répandre la « sex positivity », soit de décomplexer les sexualités et d’informer à leur propos.

Les figures de proue du mouvement ont d’ailleurs écrit un manifeste écosexuel que tu peux lire ici en Anglais et ici en Français. (clique, clique c’est pas long)

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Une autre de leurs créations est le manuel ecosexuel, qui suggère 25 façons de faire l’amour à la Terre, dont voici une traduction :

1. Dis à la Terre: «Je t’aime. Je ne peux pas vivre sans toi.  »
2. Au début, tu peux te sentir gêné.e d’être un.e amoureux.se de la Terre. Laisse-toi aller. Tout va bien.
3. Passe du temps avec elle.
4. Demande-lui ce qu’elle aime, ce qu’elle veut et ce dont elle a besoin – puis essaie de le lui donner.
5. Masse la Terre avec tes pieds.
6. Admire souvent ses vues.
7. Fais circuler de l’énergie érotique avec elle.
8. Sens-la.
9. Goûte-la.
10. Touche-la partout.
11. Enlace et caresse ses arbres.
12. Dis des cochonneries à ses plantes.
13. Nage nu.e dans ses eaux.
14. Allonge-toi sur elle ou laisse-la prendre le dessus.
15. Danse nu.e pour elle.
16. Chante pour elle.
17. Embrasse-la et lèche-la.
18. Enfouis des parties de ton corps dans les profondeurs de sa terre.
19. Plante tes graines en elle.
20. Aime-la inconditionnellement même quand elle est en colère ou cruelle.
21. Garde-la propre. S’il te plaît, recycle.
22. Travaille pour la paix. Les bombes blessent.
23. Si tu la vois maltraitée, violée, exploitée, protège-la du mieux que tu peux.
24. Protège ses montagnes, ses eaux et son ciel.
25. Fais le vœu d’aimer, d’honorer et de chérir la Terre jusqu’à ce que la mort vous rapproche pour toujours.

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L’événement

Le détail du projet

Dans le cadre du M1 arts du spectacle, Julien Ribeiro – curateur et programmateur d’événements culturels – nous a proposé d’organiser la projection de deux films.
Nous en avons choisi un, Ecosex, a user’s manual d’Isabelle Carlier (2018), qui fera l’objet d’une projection-test durant l’événement (en VO sous-titrée). > ici le teaser

Nous nous appuyons tout de même sur l’autre film (déformation professionnelle, on aime les apports théoriques !) Story telling for earthly survival de Fabrizio Terranova (2016), qui retrace la carrière de Donna Haraway, enseignante-chercheuse en philosophie et sociologie. On y découvre la narration spéculative, une manière artistique de théoriser développée par Donna, que le réalisateur reprend pour construire son film, et qu’on retrouve aussi dans le film et le mouvement Ecosex.

Il y aura donc une projectionaccompagnée d’une intervention de la chercheuse Sabah Borg et d’un échange avec Isabelle Carlier, qui a suivi Annie Sprinkle et Beth Stephens de près.

Mais pas que ! En premier lieu, peut-être comme toi, on n’a pas compris l’ecosex. Jusqu’à ce qu’on saisisse l’autodérision des évènements écosexuels. A partir de là on a adopté une démarche plus légère (et la pédagogie, c’est aussi ça !)

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On a alors conçu des installations et des ateliers participatifs autour de l’écosexualité et de la narration spéculative qui se dérouleront entre 16h et 20h.

On finira par une super soirey. 

Bisous à ta grand-mère (appelle-la plus souvent) et rdv samedi 30 à partir de 16 heures jusqu’à minuit (si tu as la permission 😉) Nos invitées de marque et nous-mêmes t’attendrons au Lavoir public.

Programme

16h – ouverture des lieux, accès aux expositions
17h – Atelier “25 façons de faire l’amour à la Terre”
18h/19h30Un atelier d’écriture sur la narration spéculative et autour des principes de l’ecosexualité.
20h – conférence de la chercheuse en Histoire de l’Art Sabah Borg
20h30 – Projection-test du film
21h50 – Echange avec la réalisatrice Isabelle Carlier, Questions-réponses
22h30/00h00 – soirée clubbing

Infos pratiques

A partir de 12 ans
Entrée libre avec adhésion obligatoire au Lavoir public de 2 euros
Le Lavoir public, 4 impasse Flesselles, 69001 Lyon

Ecrit par Margaux Bertin, Zoë Foucher et Lou Le Goaër

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