Société

Le véganisme est-il un extrémisme ?

Salut les gicleurs !

Aujourd’hui, j’ai décidé de me pencher sur un questionnement qui me taraude depuis un moment : le véganisme est-il un extrémisme ? Accrochez vos ceintures imaginaires car nous allons déconstruire tous ensemble ces affirmations que j’entends régulièrement ces derniers temps :” Les vegans sont des extrémistes”, sans oublier le fameux : “Ils vont beaucoup trop loin quand même!”; ou bien encore “Ils sont toujours là à nous faire la morale” qui est de loin mon préféré. 

En général, quand les gens tiennent ce genre de propos, c’est pour parler de leur bon pote un peu relou, j’ai nommé: Gérard le vegan. Gérard est un peu le cliché incarné de l’idée qu’on se fait du vegan lambda. C’est celui qui va lancer des débats dès que l’on se met à table. Celui qui va te regarder d’un air cruel ou larmoyant si tu as le malheur de manger un steak en sa présence, ou encore t’insulter d’assassin, de meurtrier, d’égoïste qui ne pense qu’à son petit plaisir personnel.

“ Aah on l’aime bien Gérard mais il est casse-couille quand même ! Nous on voulait juste passer un bon moment et se détendre, pas entendre des horreurs pareilles toute la soirée… “

Voilà ce que pense probablement la majorité des gens face à Gérard le vegan.

A ce stade-là, rien de grave. Bien sûr, il y a aussi des vegans qui ne parlent que rarement de leurs convictions et de leur engagement mais ce n’est pas le thème du jour. Nous allons plutôt nous pencher sur le cas de la bonne pote de Gérard, j’ai nommé: Adelaïde. Adelaide représente l’activiste vegan type, celle qui est toujours présente aux manifs pour crier des slogans bien hardcore, celle qui parle H24 de ses convictions et qui te rabache qu’être vegan, c’est la meilleure chose à faire si t’es un minimum conscient et pas trop con, celle qui ne comprend ou ne supporte pas toujours l’humour de ses interlocuteurs, celle qui s’énerve facilement quand les choses lui tiennent à coeur.

Mais un jour, Adelaide va même aller jusqu’à vandaliser la vitrine d’une boucherie et ce pour le plus grand bonheur de ses opposants idéologiques et de la presse. Dans ce cas de figure, il est difficile de défendre notre bonne vieille Adelaide. La question est donc :

Peut-on considérer l’acte d’Adelaïde la vegan comme de l’activisme ou du militantisme ? Mais surtout: l’activisme est-il une forme d’extrémisme ?

Commençons par différencier le militantisme de l’activisme :

Activisme : Engagement privilégiant l’action directe, pouvant aller jusqu’à braver la loi.

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Militantisme: Activisme, prosélytisme, zèle dont on peut faire preuve pour défendre une cause.

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La grande différence entre ces deux termes se résume donc au type d’action menée: l’activiste va privilégier les actions fortes et engagées en pensant avant tout à leurs conséquences sur le monde. De plus, ils peuvent aller jusqu’à braver la loi, l’acte de vandalisme d’Adelaïde peut donc bel et bien être considéré comme de l’activisme. Le militant, lui, est plus modéré et privilégie souvent la parole et le partage d’informations pour convaincre les personnes en face de lui.

De mon point de vue, le véganisme est une forme d’activisme et de militantisme en soi. Le véganisme reposant sur le principe du boycott et sur la volonté d’un bouleversement des lois qui régissent notre chère société capitaliste, il est difficile de ne pas considérer le mouvement vegan comme militant ou activiste. Gérard et Adelaïde sont vegans et donc par conséquent publiquement militants et activistes (encore une fois: selon moi).

Retournons à nos définitions avec celle de l’extrémisme :

“Opinion politique, économique, sociale, religieuse ou philosophique radicale, et qui peut servir de base théorique à des actions qui vont à l’encontre de la volonté ou des intérêts de tous.”

L’extrémisme entretient un lien de proximité avec le militantisme et l’activisme, c’est une évidence; l’extrémisme n’existant évidemment pas chez les personnes qui ne s’engagent pas dans la défense d’une cause. Toute forme de mouvement peut donc potentiellement engendrer une forme d’extrémisme. Pourtant, je ne pense pas que les actes extrémistes d’une poignée d’individus doivent définir un mouvement et encore moins être reprochés à toutes les personnes qui en font partie.

De mon point de vue, la partie la plus importante de cette définition est la suivante :

“base théorique à des actions qui vont à l’encontre de la volonté ou des intérêts de tous.”

Le véganisme étant une doctrine prônant un mode de vie plus “raisonnable” dans l’intérêt de la majorité des êtres vivants de cette planète (animaux non humains et humains compris) il est difficile de le considérer comme base servant ou entretenant des actes extrémistes.

L’acte de vandalisme d’Adelaide n’est pas excusable. A partir de l’instant où elle a vandalisé cette vitrine, elle est en infraction face à la loi et l’on ne peut plus faire grand-chose pour elle. On peut donc considérer cette acte comme extrémiste car il dépasse les limites qui nous sont imposées dans notre société actuelle. Quant à savoir si Adelaide va à l’encontre de nos intérêts à tous en vandalisant une boucherie ou par le biais de son mode de vie, je vous laisse en décider. C’est une question de valeurs, chacun a donc un avis différent sur la question. De mon point de vue, vandaliser une boucherie n’affecte pas l’intérêt commun, ça ne nous touche pas directement, pourtant je n’encouragerai ou ne féliciterai jamais ce genre d’action.

Bien heureusement, ce genre d’action est minoritaire voire exceptionnelle. Le plus important est de ne pas faire d’amalgame. Ce n’est pas parce que Adelaïde a pété les plombs que tous les vegans vont aller casser des vitrines demain matin. Il vaut mieux retenir le fait qu’un tel acte ne soit pas le fruit d’un mouvement mais seulement le fruit de son esprit. Gérard le vegan modéré n’est pas forcément en accord avec Adelaïde, même si leurs idéaux se rejoignent ! Chacun à sa propre façon d’envisager ses actions même lorsque les idéaux sont similaires.

En ce sens, plutôt que de parler d’extrémisme concernant le véganisme, je vous propose l’affirmation suivante en guise de conclusion :

“Le véganisme est un mouvement idéologique RADICAL” !

Être radical, c’est affirmer ses convictions sans en démordre. Être radical, c’est oublier sa mauvaise foi pour se concentrer sur l’action à mener et arrêter de se poser des questions qui ne mènent nulle part. Être radical ne signifie pas être extrême, être extrême c’est aller trop loin et aller à l’encontre de nos intérêts à tous.

Pour conclure, voici pour les plus aventureux d’entre vous un petit exercice NON obligatoire. Si vous aimez pas la liberté d’expression, cassez-vous, ça va pas vous plaire. La suite consiste en un exercice basé sur l’empathie, non pas concernant les animaux, mais concernant les personnes qui ont fait le choix de devenir vegan. J’ai décidé d’écrire cet exercice pour donner une idée de ce que ça implique d’être vegan dans notre société actuelle aux personnes omnivores.

L’espace d’une minute, je vous propose de vous mettre à la place de notre bon vieux Gérard ou d’Adelaide. Allez, je vous aide un peu. Du point de vue de Gérard, les animaux et la nature sont des êtres vivants à part entière avec lesquels nous devons essayer de vivre en harmonie. Pour cela, nous, animaux humains, nous devons de les respecter. Gérard et Adelaïde les vegans, ainsi que bon nombre d’autres personnes,  s’accorderont à dire que l’on ne respecte pas un être vivant lorsqu’on le prive de liberté, qu’on l’élève dans le seul but de l’exploiter ou encore quand on tue cette personne. Oui, Gérard peut même considérer les animaux-non-humains comme des personnes. C’est te dire à quel point son mode de pensée peut potentiellement diverger du tien. Imagine donc toi à la place de Gérard et Adelaïde lorsqu’ils passent devant un kebab ou une boucherie, lorsqu’il va faire des courses ou qu’il assiste à un repas de famille. Imagine le quotidien de Gérard qui chaque jour doit expliquer pourquoi il est vegan à une personne différente et assiste à une vague d’étonnement général. Ou encore, imagine ce qu’il peut ressentir lorsqu’on le qualifie d’extrémiste. Pour finir, imagine être Gérard et te faire face à toi-même, te regardant bouffer ton morceau de cadavre tranquille. Alors petit Gérard en herbe, tu aimes ce que tu vois ?

Pas besoin de regarder des dizaines de documentaires sur les industries qui contrôlent les vies des animaux-non-humains, tu sais déjà à quel point ça fait mal.

Paix et amour sur vous, peu importe votre mode de vie.

La bise sur vos petites truffes humides.

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