Culture

Les découvertes 2018 de la rédaction

2018 vient de fermer ses portes; bonjour 2019. Cap sur une nouvelle année, qui s’annonce pleine de surprises, pleine d’échecs, mais aussi pleine de réussite – parfois, ça arrive, vous verrez – ce qui nous empêche pas de garder un oeil dans le rétroviseur et de nous rappeler les oeuvres culturelles qui nous ont fait chavirer l’année dernière.

2018 vient de fermer ses portes; 2019 ouvre les siennes. Cap sur une nouvelle année, avec son lot de surprises, de frissons et de déceptions à venir, ce qui ne nous empêchera pas de garder un oeil dans le rétroviseur pour revenir en beauté sur cette fabuleuse année culturelle que fut l’an deux-mille-dix-huit après Jésus-Christ.

Le Monde est à toi, Romain Gavras

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Le Monde Est A Toi est le film de l’année. Un film généreux, avec une BO composée à la fois de Balavoine, Toto, Kaaris, Booba, PNL, et même Jul. Le fait est que ce n’est pas tout. Personnellement, une BO pareille, bien faite, ça me va. Mais en plus, le film est bien écrit, bien réalisé et beau. C’est une sorte de parodie du film banal de gangsta dont les rappeurs raffolent, et c’est drôle, vraiment. La comédie française de l’année ! En allant le voir, je m’attendais à un film de gangsta justement, on m’avait vendu le film avec les noms de PNL, Kaaris et Booba et le synopsis parle d’un mec qui vend de la drogue et se voit obligé d’aller régler ses problèmes directement en Espagne. Et pourtant, il n’en est rien. Le film est évidemment toujours entre pure parodie et film sérieux, et ça ne rate pas. Ca aurait pu vite tomber dans une parodie ratée clichée, ou dans un film qui se prend trop au sérieux, mais non, ça marche. Certaines fois, le film est même pile entre : il veut que tu rigoles, mais en même temps il instaure un tel malaise que tu n’oses pas, surtout dans une salle de ciné. Et c’est pour ça que ce film m’a marqué, cette ambiance de malaise constant, teintée de gros fous rires et de moments de tensions. Et puis l’acting est parfait dans ce film, que ce soit Isabelle Adjani et Vincent Cassel, qui n’ont plus rien à prouver ou Oulaya Amamra et Karim Leklou qui sont clairement le futur du cinéma français. Hâte d’en voir plus de la part de Romain Gavras, mais aussi et surtout de Oulaya Amamra et Karim Leklou !

@hhardant

Sleep – The Sciences

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Ce n’est peut être pas mon album préféré, mais pourtant, c’est bien cette œuvre que je vais retenir de 2018. Quand on parle de stoner rock, il y a des noms qui s’imposent comme des évidences. Parmi eux, Sleep. Le trio Californien n’avait plus rien sorti depuis 15 ans et l’imposant Dopesmoker. Quand au 19 avril est annoncé par surprise la sortie d’un 4e album, tout le monde en tache son slibard. Et même mieux, tout le monde sort ses joints de beuh & son bong. Car Sleep, plus qu’un groupe de musique, est une véritable entité dévouée au cannabis et ses dérivés. Est-ce donc une surprise que de voir débouler par surprise cet album le 20 avril ou 4/20 aux USA ? (Pour ceux qui l’ignorent, le 420 est un chiffre désignant la weed aux USA).

Alors que retrouve-t-on dans ce « The Sciences » ? Des riffs monstrueux, une prod très lourde, un chant très calme et des références à la beuh, notamment sur « Marijuanaut’s Theme » qui commence par le bruit d’une pipe à eau. On note aussi un hommage au bassiste de Black Sabbath Geezer Butler dans le titre « Giza Butler », groupe qui a largement influencé Sleep. Pendant 53 minutes, on est transporté par le trio entre ambiances planantes et envie d’headbanger jusqu’à se détacher la tête de son corps. Sleep est un groupe référence dans la scène Stoner/Doom & ce « The Sciences » a enfoncé le clou.

@Loïs Guzukian

Polyphia – New Levels New Devils

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Le groupe de metal progressif instrumental nous a donné un album technique aux sonorités innovantes et riches. Polyphia s’est toujours démarqué de la scène instrumentale par des influences hip-hop ou EDM (Electro Dance Music) mais New Levels New Devils est un réel mélange entre les genres. Le groupe ne se limite plus à un style musical mais va diversifier son champ d’action. Des titres comme “Nasty”, “O.D” ou “Juicy” sont particulièrement marquants. Cet album nous amène dans les hautes strates de la technique tout en restant accessible au grand public et plein de bonnes vibes.

@eckof

Quotidien japonais: le cinéma de Kore-Eda

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A vrai dire, je n’ai pas découvert ce réalisateur en 2018. Non, c’est avec la sortie en France d’Après la tempête en 2017, qui m’a initié à ce cinéma réaliste, quasi-naturaliste japonais. On y suivait le week-end d’un père et son fils, et si c’était lent, ce n’était jamais chiant, mais touchant. Et puis j’ai découvert au début de l’année son film de 2013, prix du Jury à Cannes, Tel Père Tel Fils. Le coup de foudre fut total. Cette œuvre sans prétention nous raconte l’histoire d’une famille classe moyenne semi-bourgeoise japonaise, à qui on apprend, six ans après la naissance de leur fils, qu’il y a eu un échange à la naissance. Plus narratif qu’Après la tempête, le film permet une nouvelle fois au réalisateur de se poser la question de la famille en général, thématique omniprésente dans son cinéma. Qui est le fils légitime ? Celui avec qui on partage des gènes, ou celui que l’on a élevé ? Question sociale, que certains pourront trouver stupide, mais qui prend une ampleur considérable au cours du film. Donc Tel Père Tel Fils, c’est très bien. Tout comme le cinéma de Kore-eda, qui a gagné une palme d’Or cette année pour Une Affaire de famille, où la question de la famille est une nouvelle fois creusée. Regardez du Kore-eda. Ça vous changera.

Et rien à voir avec le calme de ce type cinéma japonais, cette année j’ai beaucoup écouté un morceau, Prey de Parkway Drive, issue de leurs derniers albums. Ce dernier n’est pas un chef-d’œuvre et est bien loin de la qualité d’Atlas ou de Horizons, mais ce morceau fout une sacrée patate. Donc go for it. Ah, et c’est du metal. Du metalcore plus précisement. Voilà. Bisous.

@lucas150496

Fallout: New Vegas

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Mon retour culturel de 2018 ? Un jeu, Fallout : New Vegas. Certainement l’un des meilleurs jeux de rôle auxquels j’ai joué. C’est simple, je l’ai fini 7 fois. Et l’ai recommencé autant de fois. Ce jeu est tellement mieux que la nouvelle franchise des jeux Fallout : AKA les flops bugués qu’étaient Fallout 4 et Fallout 76. Dans Fallout NV, on a presque tout en mieux : les armes, la map, les personnages, les ennemis etc… Et que dire des DLC ! Ils sont au nombre de 4 : Old World Blues, Sierra Madre, Honest Heart, et Lonesome Road, tant de nouvelles maps, qui ajoutent du contenu, des personnages, des armes… Bref, le PARADIS, réellement. J’ai comptabilisé plus de 200 heures de jeux dessus, si ce n’est même plus. C’est pourtant simple : l’histoire est captivante et le gameplay immersif, on prend l’identité du personnage très rapidement (son nom c’est « Le courrier »). En tout cas, ce jeu reste sûrement le meilleur retour culturel de 2018. Honnêtement, si ce n’était pour mon avenir, je pense que j’aurais (sérieusement) pu rater mon baccalauréat juste pour jouer à ce jeu. Franchement, je n’ai jamais été aussi addictif à un jeu que celui-là. Si certains l’ont critiqué car ce n’était pas un jeu de la franchise Bethesda (il a été édité par Obsidian Entertainment) il a fait cent fois mieux que tous les jeux de cette franchise. Il n’y a même pas lieu de débattre là-dessus, un jeu aussi bon que celui-là sera gravé dans l’histoire du jeu vidéo comme une légende devenu réalité. Un jeu mythique pour des joueurs dévoués.

@payouboss01

Norwegian Wood – Haruki Murakami

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« Nobody likes being alone that much. I don’t go out of my way to make friends, that’s all. It just leads to disappointment. »

Norwegian Wood (La ballade de l’impossible) est un roman paru en 1987 au Japon, écrit par Haruki Murakami, auteur japonais de renom. Mais pourquoi ce livre porte-t-il le même nom qu’une musique des Beatles? Sûrement car cette oeuvre traite de deux thèmes en particulier: l’amour et la solitude. Or, ce sont deux thèmes que l’on retrouve clairement dans la fameuse chanson des Beatles, “Norwegian Wood”. Sans oublier que c’est la musique préférée de Naoko, et qu’à de nombreuses reprises dans le roman, Murakami décrit des forêts. Le narrateur et personnage principal du récit se nomme Toru Watanabe, et la première ligne du roman nous apprend qu’au moment où il se rappelle de ce qu’il a vécu dix-huit ans plus tôt, il a 37 ans. A ce moment précis, il se trouve dans un avion se rapprochant de l’aéroport d’Hambourg, en Allemagne, et une douce mélodie qui n’est autre que “Norwegian Wood” le fait frémir. Et boom, c’est le début de l’histoire. Le lecteur est directement plongé dans le monde de Toru et, au fil des descriptions aussi subtiles qu’agréables à lire, en apprend de plus en plus sur ce personnage, qui paraît simple aux premiers abords, mais qui se révèle sensible et se distingue des autres par son attitude et son passé. Un lourd passé qui comprend des événements importants remontant jusqu’à son enfance, depuis qu’il connaît Naoko, la fille qu’il aime. Murakami opte pour un roman qui se laisse lire, mais profondément complexe au niveau de la psychologie et de la philosophie, ce qui rend l’oeuvre atypique et donne envie au lecteur de relire le livre (sous l’édition de Vintage Books, le livre fait 386 pages). Je conseille fortement aux intéressés d’écouter la musique, si vous ne la connaissez pas, après avoir lu le livre. Si vous la connaissez déjà, vous pouvez toujours l’écouter de nouveau, les paroles n’auront plus le même sens. Le roman se dévore en été comme en hiver, donc à vos bouquins !

@heptt

Les ballons de Jan Hakon Erichsen

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Instagram, lieu d’expression de l’absurdité de la société du spectacle, véritable enfer où chacun se met en scène dans l’espoir pathétique d’être quelqu’un aux yeux des autres. Alors quitte à regarder de la merde, autant le faire bien. Je te présente « Jan Hakon Erichsen, Visual artist and balloon destroyer ». Sur son compte, tu pourras perdre ton temps à regarder un homme poursuivre une quête existentielle… casser des spaghettis et faire éclater des ballons. Avec des couteaux. Ou des scies. Et de l’alu. Sur lui. Plein. Très dangereux. Et souvent, il rate. Dans le plus grand des stoïcismes… Mais PASSIONNANT.

@loulg

Josman – JOS

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C’est l’histoire d’une application de musique qui, une fois un album terminé, lance la lecture automatique de morceaux semblables qu’on serait susceptibles de ne pas connaître. Un Une Main lave l’Autre qui se termine, et les premières notes d’un JOS qui se font entendre, à travers plusieurs morceaux. Qui restent. “Fucked Up 3”, “Loto”, “La Plaie”, pour ne citer qu’eux. Et qui, un beau jour, m’incitent à découvrir une bonne fois pour toutes le dernier album de Josman, album qui deviendra, à la force des “replays”, mon album préféré de 2018. Parce que si on doit bien reconnaître à Josman qu’il n’a pas la plume d’un Nekfeu ou d’un Alpha Wann, ses textes sont parcourus par une sonorité et un rythme bien particulier, mi-chantant, mi-rappé, accompagnés par des instrus toujours plus surprenantes les unes que les autres. Les thèmes évoqués – l’égotrip, la drogue, l’amour, la souffrance – ont beau être récurrents dans le rap, cette touche très musicale transcende totalement le projet de Josman, au point d’en faire oublier ses défauts et de ne jamais vous lasser. Mais on vous laisse vous faire votre avis vous-mêmes, en lançant cet album où vous voulez, puisqu’il passe presque partout, dans vos écouteurs en période de révisions comme sur une bonne enceinte lorsque vous fêterez la fin de ces partiels.

@soma96

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