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Exploration derrière les têtes de rayon #5 – Ash

A chaque nouvelle réécriture ou adaptation d’une œuvre, la moitié du monde littéraire ou cinéphile se met à râler. « Oui mais la torche humaine c’est un blond, mais dans Lysistrata les femmes aussi elles sont en manque, et puis dans le quatre Dobby il est en cuisine et dans le film on le sait pas, l’ascenseur de Shining il se vide de cotillons et pas de sang du coup Kubrick fait du sensationnalisme… ». Alors, ce coup-ci, il va falloir calmer vos miches, poser lesdites miches sur une chaise et faire taire le fan-boy (ou le pseudo-cultivé casse-bonbon) qui est en vous parce qu’on va parler d’une adaptation. Et tu vas voir comme elle est bien la belle adaptation.

Tout le monde connaît le mythe de Faust, bien que la plupart des gens ne sachent pas que la première version littéraire n’est pas celle de Goethe mais celle de Christopher Marlowe (j’en veux pour preuve que Marlowe est né deux siècles avant) elle-même inspiré d’une légende d’Europe de l’est, la maison du véritable Faust historique se trouvant à Prague.

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La voilà la maison de Faust, pas très manoir diabolique…

La version de Marlowe, bien qu’étant une tragédie Shakespearienne, est beaucoup plus légère que l’opéra de Goethe, avec des scènes où le Docteur se joue du Pape en compagnie de Méphistophélès (rien que ça). En plus, Faust est un peu un sale con imbu de lui-même, qui va utiliser les pouvoir du diable non pas uniquement pour obtenir toutes les connaissances mais aussi pour pécho de la zouz de niveau Hélène de Troie.

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Christopher Marlowe c’est un peu le George Michael du XVI°

Mais ce que nous avons retenu de ce personnage, grâce aux multiples versions romantiques, c’est le scientifique torturé, maudit et malade. Et il apparaît dans de nombreuses œuvres n’ayant pas grand-chose à voir avec l’histoire de Faust de base (#jesuisShamanKing).

Rassurez-vous, je ne vais pas parler du film à l’eau de rose avec un Brad Pitt possédé par le diable (rien que ça) mais d’une bande-dessinée nommée Ash.

Le dessin semble passé de mode, on croirait voir les dessins pseudo-gothiques croisés début des mangas et aquarelle qu’on voyait quand on était au collège, et pour cause, vous deviez certainement encore y être quand François Debois (scénariste au chapeau rond) et Krystel (dessinatrice bercée par les anims) l’ont publié.

Ash est une jeune fille plongée dans un sommeil éternel et cachée par l’église dans un cercueil au fin fond des bois tchécoslovaques, gardée par de nombreux pièges. Un jeune Faust, accompagné par des bandits attirés par la récompense qu’il promet, va la tirer de ce sommeil afin de profiter des pouvoir qu’elle possède.

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L’angélique personnage principal

Cependant, Ash a perdu la mémoire, elle ne sait pas vraiment qui elle est et n’a aucune idée sur le pourquoi de son enfermement par l’église. Elle réussit à s’enfuir de chez Faust mais se retrouve livrée à elle-même dans une Prague livrée à la criminalité. Elle sera aidée par un sosie d’Oliver Twist (ce truc est un mélange tout à fait génial) qui va l’aider à s’introduire dans un institut pour jeunes filles de l’aristocratie pour voler des objets de valeur.

Mais les jeunes filles de cette école agissent bizarrement, elles se réunissent la nuit à l’insu de la directrice (ah GROU GROU ! C’est mystérieux !) et leurs agissements pousseront les mystérieux pouvoirs d’Ash à sortir, et elle retrouvera peu à peu la mémoire au fur et à mesure de ses recherches sur l’église.

TIN TIN TIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN !!!

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Voici les deux couvertures de la série

Cette bande-dessinée n’est pas très longue (n’en déplaise au grand et éternel Oda), deux tomes et c’est plié, mais la brièveté de l’histoire en fait aussi son intensité, et Ash apporte une vision de Faust et de son pacte avec le diable assez nouvelle bien que plus enfantine, voir plus mièvre, l’histoire étant à la base destinée à un public d’adolescents. Et ça fait du bien de voir cette histoire de manière un poil plus légère plutôt que de maintenir ce côté dark-dépressif absolu que l’on se tape depuis deux siècles, la faute à Goethe.

Mais bon, je dois avouer que la dichotomie est assez sévère: les méchants ont des têtes de méchants et font des trucs pas bien. A part Faust qui fait un peu figure de Severus Rogue (méchant, puis gentil, puis méchant, puis gentil…) c’est à peu près tout niveau figure grise. Et puis voilà, on retrouve quand même certains clichés, l’orphelin torturé, les cercles de jeunes filles nocturnes dans les internats, un vilain dragueur qui travaille dans une école de jeune fille, mais rien de très gênant à la lecture.

J’suis sûre maintenant t’as trop envie de lire Ash. Hein, avoue, ça a l’air cool ?

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Juste pour teaser…
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