Culture

Pulsations organiques #1 : introduction au beatbox

Oyez, oyez braves gens ! Voici le début d’une (longue ?) série d’articles sur le beatbox, art qui s’est développé très vite au cours des dernières années et qui commence à sortir de l’ombre. Ceux qu’on appelle les beatboxeurs sont les pratiquants de cet art buccal et guttural, qui consiste à émettre des bruits et des sons à l’aide de son propre corps. A l’heure où j’écris cet article, la dernière vidéo de Swissbeatbox de l’ “elimination round” de Colaps à la GBB19 vient d’être mise en ligne… Attendez, vous n’y comprenez rien ? Et si je vous dis ”pf-ts-K-tsK–tktK” ? Toujours pas ? Pas de problème, je vais éclairer votre lanterne et vous emmener dans le monde caché qu’est celui du beatbox.

– Définition –

Etymologiquement, beatbox signifie “boîte (box) à rythme (beat)”. Inscrit de façon plus correcte, cela donne “human beatboxing” donc “boîte à rythme humaine”. Et si certains d’entre vous connaissent déjà le beatbox, quelque chose aurait déjà dû vous faire tiquer. En effet, le beatbox c’est pour moi des bruits et des sons. Or, des sons peuvent-ils composer un rythme ? J’ai commencé le beatbox il y a deux ans, et c’est lors d’un certain périple à Annecy au sein du musée des Shadocks que j’ai entrevu la révélation : “chaque son est un bruit et réciproquement” (cit. Jacques Rouxel, créateur des Shadocks). Après tout, qu’est-ce qui différencie un son d’un bruit? Un bruit se mesure en décibels. Un son est défini par une fréquence, car produit par tout ce qui est susceptible de vibrer. Si l’on considère que les décibels d’un son peuvent être mesurés et qu’un bruit peut vibrer, alors cette citation fonctionne. Or, un beatboxeur peut faire tout ça, comme chacun d’entre nous. Car, oui, le beatbox est très accessible, étant très proche d’un langage primal. La première chose que vous devez apprendre si vous souhaitez pratiquer cet art, ce sont les 3 sons de base : p, t, k ( J”y reviendrai dans un autre article). Et oui, le beatbox a sa propre écriture (comme le pattern (= motif) que j’ai mis dans le chapeau de l’article), notamment exposée sur le site Human beatbox, qui propose des articles de qualité sur tout ce qui concerne le beatbox (apprendre, rigoler devant des beatbox memes, s’améliorer, ou encore se renseigner sur les événements à venir).

De plus, chanter est un composant à part entière du beatbox. Par ailleurs, on retrouve dans la communauté plusieurs types de beatboxeurs: les beatboxeurs techniques, qui s’orientent vers une maîtrise parfaite d’un petit arsenal de sons simples pour pouvoir faire des beats très complexes et très rapides au niveau du tempo; les originaux, qui cherchent à créer les sons les plus atypiques possible ou inimitables, et tentent sans cesse de trouver de nouvelles rythmiques; les musicaux, qui essayent de se rapprocher le plus possible d’une “vraie” musique et qui utilisent beaucoup plus de sons vocaux et le chant que les autres. Aujourd’hui, ces catégories sont de moins en moins existantes de par le partage des techniques et de l’arsenal de sons de chacun, sur Internet ou lors d’événements organisés par la communauté.

Le beatbox se performe tout seul, à deux, en groupe ou même via une loopstation, un appareil servant à créer des boucles avec les entrées sonores qu’on lui donne. Je vais mettre ci-dessous un bon exemple de wildcard, donc de participation à un événement en solo, et un autre de battle en “tag team”, une équipe de deux (au lieu de quatre). Le beatbox est performé soit par-dessus une musique ou en tant qu’instrument d’accompagnement (avec du rap), soit en tant que musique à part entière, comme dans les shoutouts, qui sont des prestations de grands beatboxeurs, souvent juges de l’événement dans lequel ils performent. C’est un art nouveau qui a encore beaucoup de potentiel et qui s’avère particulièrement atypique.

Wildcard très originale et complexe, qui met un peu de temps à se mettre en place mais parfaitement orchestrée.
Un bon exemple de battle en tag team, où Mr.Androide et Thorsen sont plus musicaux tandis que Colaps et Kenny sont plus techniques.

C’est en forgeant que l’on devient musicien.

Jacques Rouxel

Je finis sur cette citation de Jacques Rouxel, pour vous dire que plus vous apprendrez de sons et en maîtriserez, plus vous évoluerez en tant que beatboxeur, et donc en tant que musicien. Car le beatbox est à la fois un langage et de la musique. J’ai beaucoup de choses à dire sur cet art, ce sport (cardiaque), et ce langage qu’est le human beatboxing. J’aimerai vraiment vous transmettre mon amour pour le beatbox et tout ce que je sais de cette discipline. Alors si vous êtes prêts à suivre cette série, sachez que vous ne serez pas déçus. Dans le prochain article, je vous parlerai de la communauté, des événements et des origines du beatbox. Celui-ci sera plus imposant et plus complet que cet article qui sert véritablement d’introduction à la série Pulsations organiques. Merci d’avoir lu et à la prochaine !

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