Culture

5 conseils pour réaliser un blockbuster éclaté

Récemment, je suis allé voir le nouveau film Hellboy au cinéma. Ce n’était pas terrible, pour ne pas dire complètement naze. Mais la façon dont ce film est fait est assez révélatrice de la façon dont certains blockbusters sont faits à Hollywood, si bien que je pense avoir décelé quelques ficelles de productions. Installe-toi bien cher lecteur, parce que je vais t’expliquer comment faire un blockbuster complètement éclaté en seulement quelques points.

Point numéro 1 : trouver un truc à adapter

Bah oui, tu ne vas pas te faire chier à écrire une histoire originale. Donc le mieux, c’est de piocher dans la culture populaire, et de trouver un truc propice à l’action. Comics, mangas, jeux-vidéos, ou littérature si t’es un intello, n’importe quoi. Le but du jeu, c’est de trouver un truc suffisamment connu pour susciter un minimum d’intérêt, mais pas non plus trop connu du grand public pour éviter de froisser une fanbase trop large. Tu évites donc de t’attaquer à Naruto, One Piece, Skyrim, Counter-Strike ou League of Legends, ce serait le meilleur moyen pour toi de te faire pisser dessus (après, si t’aimes bien, qui suis-je pour juger). Par contre, si c’est seulement quelques nerds qui râlent dans leur coin, tu peux n’en avoir rien à foutre. 

Point numéro 2 : choisir des acteurs de séries

Ce qui est pratique avec les acteurs de séries, c’est qu’ils deviennent (ou sont déjà) aussi connus que certains acteurs hollywoodiens. Du coup, ils ont une bonne fanbase, qui se déplacera très probablement pour découvrir ton « film ». Et le must du must, c’est que les acteurs de série ont l’habitude de tourner plus vite (on dit généralement qu’on tourne en une journée trois minutes pour un film, et sept à huit minutes pour une série), et qu’ils ont des cachets moins élevés. Donc ils travaillent plus vite pour moins cher, ce qui fera bien plaisir à ton producteur, et ce qui réduira considérablement les temps de tournage, te laissant plus de temps libre pour ton entraînement pour les championnats régionaux de frisbee.

Gwendoline est devenu célèbre dans une série co-produite par Netflix et France 3. Elle a une fanbase chez les 14-18 ans et chez les 75-90 ans. Elle a soif de reconnaissance et accepterait n’importe quel scénario pour enfin percer au cinéma. Engage-la.

Point numéro 3 : miser sur des artifices

Le secret des magiciens, c’est de détourner l’attention du spectateur. Et toi, ton arme secrète, c’est les maquillages et les costumes. Le but, c’est que le spectateur se dise «woah les maquillages sont trop bien » et qu’il ne fasse pas attention au vide artistique de ta photographie. Et on sait jamais, tu vas peut-être gagner un Oscar.

Point numéro 4 : foncer, aller à 100 à l’heure

Faut être rapide, partout, tout le temps. D’abord dans ton scénario. Tu limites les dialogues, t’essaies de caler quand même une ou deux punchlines, tu introduis les personnages n’importe comment, genre ils débarquent de derrière une porte, et tu rush tu rush tu rush. Il ne faut pas laisser au spectateur le temps de respirer. Ensuite, cette vitesse, tu la poursuis dans ton montage. Il faut “cut” le plus souvent possible, ne laisser aucun plan s’étirer. Plus vite tu iras, moins le spectateur fera attention. Pour les scènes d’action, tu peux t’essayer au plan séquence si t’as la foi, mais faut garder aussi cette vitesse. Sinon, tu continues de “cuter”, et tu fais trembler ta caméra, ça retranscrira de manière brouillon mais « réaliste » l’action qui a lieu. Et tu veux un secret ? Cette dernière technique est aussi utilisée dans des blockbusters de bien meilleure qualité. Tu veux un nom ? Les deux derniers volets de Captain America. Je te laisse regarder la première scène d’action de Civil War, c’est flagrant.

Point numéro 5 : accompagner le film d’une playlist Spotify

Le but de ce dernier point, c’est d’être cool. Et pour cela, rien de mieux qu’une bande-son cool. Ça fait plaisir au spectateur qui joue au blind-test en même temps qu’il regarde ton film, et puis ça évite de composer des morceaux originaux, ça prend du temps et de l’argent. Le but c’est d’utiliser des genres différents et populaires, mais pas non plus trop récent, la nostalgie amplifie la coolitude de ta BO. Il faut donc que tu ailles piocher de préférence dans le rock/hard rock/heavy metal, le rap, ou encore dans quelques morceaux de pop. Choisis des trucs rythmés de préférence, d’une part pour accompagner le rythme de ton film, et d’autre part pour ne pas ennuyer le spectateur. Voici un exemple de cinq morceaux :

Paint in Black – Rolling Stones

Dr FeelGood – Motley Crue

Uptown Funk – Bruno Mars

Boys In the Hood – NWA

Is this Love? – Bob Marley

“Mais je connais cette chanson, je l’ai même sur mon téléphone !” est la réaction que tu dois viser avec ta sélection musicale.

Voilà, t’es fin prêt si jamais tu as quelques dizaines de millions à dépenser. S’il y a vraiment un point à ne pas oublier, c’est celui de la vitesse. Il faut vraiment garder le rythme le plus soutenu possible. Après, j’aurais pu mentionner d’autres points comme les effets spéciaux, mais tu te doutes que ce n’est pas vraiment la peine de se donner beaucoup de mal de ce côté-là. Si jamais tu veux voir un contre-exemple de tous ces points, un blockbuster pas du tout éclaté malgré ce qu’il adapte, je te conseille de jeter un coup d’œil à Detective Pikachu. Ce dernier adapte intelligemment un univers qui ne se prête pas au cinéma, en utilise intelligemment les musiques cultes, et pose bien les bases d’un scénario certes simple mais efficace, sans incohérence. Si tu n’es pas trop fan de cet univers, tu ne vas peut-être pas trop accrocher, mais enfin, c’est quinze fois mieux qu’Hellboy

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