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Nouvelle érotique cheap pour étudiants #2 – La canicule sans clim

Il faisait une chaleur à crever. Emy était avachie sur son canapé, dans un short tellement court et informe qu’on aurait pu le prendre pour une culotte, une glace premier prix dans la bouche pour essayer de se refroidir au mieux. Les mois d’août sont terribles à Lyon. Elle préférait se dire que la clim’ avait lâché plutôt que de se dire qu’ils n’en avaient tout simplement pas, et que l’été prochain serait semblable. Le livre qu’elle avait tenté de lire avait fini par tomber sur son ventre nu, puis avait glissé sur le sol. Elle ne pouvait que laisser aller sa tête en arrière sur l’accoudoir. Elle n’avait même pas la force de s’éventer. La glace était finie. Elle voulut envoyer le bâtonnet sur la table mais la loupa, et il retomba sur les tâches de bières sur le sol.

Elle était dans cet état lorsque Jean-Philippe, son colocataire, rentra des courses. Au début de leur cohabitation, elle ne l’appréciait pas, il était trop sérieux et même casse-couilles quand elle faisait des repas avec ses potes un peu trop tard. En septembre, quand il emménageait tout juste, il était l’archétype de l’enfant sage : sorti d’une prépa cotée puis entré à l’ENS, jamais sorti de chez papa maman avant. Mais peu à peu, il avait vu les avantages de la vie étudiante et se laissait un peu aller.

Jean-Philippe était allé racheter des glaces, mais il avait aussi ramené des bières. Il pouvait bien se le permettre, après tout c’était les vacances. En voyant Emy affalée dans le canapé, il ne put s’empêcher un soupir de dépit. Cette fille n’avait plus aucun filtre une fois passé l’entrée, et la voir ainsi lui rappelait qu’il en avait presque marre de la voir déambuler en culotte détendue et tee-shirt déchiré sans l’ombre d’une gêne même quand il était là. Il était bien forcé d’avouer que c’était presque sexy par rapport à d’habitude, mais ça restait Emy à la maison. Il lui tendit une bière tiède.

« - Tu es encore en train de traîner à moitié à poil.
- T’as qu’à faire pareil. »

Il devait encore à Emy de le sortir de ses petites manies précieuses, et il lui en était parfois reconnaissant quand il se surprenait à oser adresser la parole à une fille. Il se dit qu’au fond, il était chez lui et qu’en face c’était Emy. Elle le vit enlever son tee-shirt après avoir hoché la tête. Elle ne savait si cela était dû aux 39°7 affichés par le thermomètre ou à Jean-Philippe lui-même, mais elle crut qu’il l’enlevait au ralenti. Elle ne l’avait jamais vu torse nu, et ce salaud lui avait caché quelque chose. Une vague de chaleur lui monta au visage, puis aux cuisses. Elle resta dans cet état de contemplation jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle était en train de se renverser sa bière dessus.

En ressortant la tête de son tee-shirt, Jean-Philippe aurait pu hurler pour son canapé bizarrement encore immaculé – après un an de vie commune avec Emy c’était une victoire – mais il ne le fit pas. Les gouttes qui coulaient comme un fleuve d’ambre entre les seins de la jeune fille le fascinaient. Sans explication logique, il avait envie de saisir ses mains qui essayait de les chasser, non sans une certaine demi-teinte de rouge aux joues, avant que celles-ci ne tombent sur le canapé. Quand Emy releva les yeux pour vérifier si son coloc’ allait la disputer, celui-ci avait déjà tourné les talons vers le frigo, pour ne pas laisser paraître son trouble.

« Tu m’amènes une glace STP ? »

Il n’avait pas envie de retourner près de ce canapé parce qu’il ne savait pas pourquoi il était troublé par sa poitrine. Ce n’était pas la première fois qu’il la voyait, après tout… Mais il ne pouvait pas vraiment refuser, surtout avec le ton presque caressant qu’elle avait pris. Quand elle le vit s’approcher avec son air boudeur, une idée lui vint à l’esprit et elle n’y réfléchit même pas une demi-seconde avant de se décider à l’appliquer. Il lui tendit sa glace au-dessus du dossier. Au lieu de la prendre, alors qu’il lui avait ouverte dans un élan de gentillesse, elle l’attrapa violemment au poignet et le tira sur elle. Il crut se casser le nez, mais elle enroula ses jambes autour de son bassin si fermement qu’une anguille n’aurait pu s’échapper.

« - Hey ! Ta glace !
- J’m’en branle »

Sur ces mots, elle s’empara de la denrée, la fourra en entier au fond de sa gorge et l’avala d’une traite. En temps normal, il aurait trouvé ça plutôt dégueu, mais là il était impressionné, intrigué et, pour être honnête, puisqu’il était impossible de le cacher dans cette position, plutôt excité. Mais la surprise le paralysait encore.

« - Quoi ? dit-elle avec de la glace coulant un peu au coin de ses lèvres.
J’suis pas assez bien gaulée pour monsieur ?
- Tais-toi Emy… Quand tu parles comme ça tu arriverais à faire débander un affamé, même après ton exploit.
- T’es bien intéressé par ce que je peux faire avec ma bouche d’un coup.
- Pitié, qu’elle se taise avant que je change d’avis … »

Il n’eut pas besoin de le dire deux fois, puisqu’elle se jeta sur sa bouche à pleine langue à l’instant même où il eut fini sa phrase. Réveillé par ce baiser, il se mit à lui répondre de tout son corps. Emy avait envie de rire, quand il fit un mouvement qui donnait l’impression qu’il passait sa main sous un tee-shirt, et de lui dire qu’il avait une longueur de retard, tandis que Jean-Philippe, qui trouvait que le contact à la fois de la paume sur la peau et du tissu sur le dos de la main était une expérience des plus sensuelles, cherchait désespérément un bout de tissu sur le corps de l’exhibitionniste.

Il dut se résoudre à l’évidence, elle ne portait plus que son short. Quand est-ce qu’elle avait enlevé son sous-tif’ celle-là ? Il n’avait pas envie d’ouvrir les yeux, puisqu’il n’avait pas envie d’être à nouveau perturbé par une partie du corps de sa coloc qu’il avait déjà beaucoup trop vu sans autre émotion que le dépit, auparavant. Il passa vivement sa main dans son short et empoigna l’une de ses fesses, arrachant un gémissement entre la surprise et l’excitation à Emy.

« Tu sais faire des bruits mignons toi ?
- Viens vérifier par toi-même. »

Quand ils eurent fini de s’arracher le peu de vêtements qu’il leur restait, ils se rendirent compte qu’il faisait vraiment beaucoup trop chaud dans leur salon, et reprirent leur souffle dans un accord commun qu’ils n’avaient pas besoin de formuler. Ils restèrent ici, à se fixer sans se voir, ne sachant s’ils étaient capables de continuer par ce temps.

Soudain, Jean-Philippe eut une idée. Il empoigna Emy par le poignet, qui se laissa entrainer comme une poupée de chiffon sans comprendre ce qui lui arrivait. Il l’entraîna dans la salle de bain et fit couler de l’eau légèrement froide dans la baignoire. Au moment où elle allait le féliciter pour son initiative, il l’empoigna et l’assit sur le lavabo, la faïence froide la fît frissonner autant que le visage de Jean-Philippe qui vint se loger entre ses cuisses et que ses mains qui agrippaient ses hanches.

Les doigts d’Emy étaient totalement emmêlés dans ses cheveux quand il senti de l’eau arriver à ses pieds. Il se libéra et se jeta sur le robinet. En voyant son œuvre il ne put s’empêcher d’imaginer la facture d’eau qui allait arriver. Mais avant qu’il n’ait le temps de trop y penser, Emy le poussa dans l’eau et lui grimpa dessus, faisant encore plus déborder la baignoire, sans penser une seule seconde au ménage qui allait suivre.

Les mouvements que Emy faisait avec son bassin allaient à contre-courant de chaque vague qu’elle créait, mais elle semblait tellement dans son élément qu’ils oublièrent tous les deux le bruit de chaque brassée d’eau envoyée sur le carrelage. Jean-Philippe trouvait presque encore plus excitant de manquer de se noyer à chaque fois que ses fesses glissaient sur le fond de la baignoire et que sa tête passait momentanément sous l’eau, voyant sa coloc comme un amphibie affriolant.

Après leur dernier soupir commun, le silence retomba pendant qu’Emy s’éloigna pour aller s’appuyer contre l’autre bord de la baignoire. Elle laissa aller sa tête en arrière et ferma les yeux. Jean-Philippe la regardait, dans un silence qui n’était pas encore gênant mais qui pourrait le devenir s’il disait n’importe quoi. Il ne voulait pas gâcher ce moment, mais il était un peu vexé qu’elle ne se soit pas reposé sur lui.

Elle ouvrit un œil pour le regarder, et un sourire pointa à la commissure de sa lèvre quand elle vit que le jeune homme faisait tout pour cacher sa vexation. Elle jeta un regard circulaire à la pièce, avant de revenir sur Jean-Philippe. Elle commença à rire, tout en essayant de se contenir. Il ftt d’abord surpris mais la bonne humeur d’Emy le gagna et ils se mirent à rire ensemble.

« Je crois qu’on a même pas assez de linge pour éponger tout ça à la maison. »

Quand ils eurent fini de rire, Emy voyait bien que le dépit n’avait pas quitté son coloc. Elle lui tapota sur la cuisse avec son pied dans un geste de crochet, il leva les yeux et elle lui fit signe d’approcher. Elle tapota son sternum.

« Viens poser ta tête ici, mais n’en fais pas une habitude. »

Illustrations: Alystra

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