Premiers jetsProductions

Eco-érotisme

Ouverture de la porte,

Blocage de la respiration.

Ouverture de la cage thoracique,

Pénétration par un air nouveau.

Je tâte du bout de l’orteil,

J’attends.

Les cailloux se livrent, s’offrent

Je pose mon premier pied.

J’introduis le deuxième, l’herbe

Timide, vient le lécher

Fétichisme inavoué.

Mes pas, pas à pas, découvrent ce qu’ielle veut

Bien m’offrir, j’avance alors, sûre de moi, dans une

Terre conquise.

Je m’arrête sous les yeux de la berline, aux aguets, avidité dans l’éclat de son regard. A mon tour je me dénude, je leur donne tout. Tout à voir à la berline, tout à prendre à luelle.

Mon corps et ma chaire se cambrent, et mes seins apparaissent sous les phares.

Je me cabre un peu plus, le bruit de mes doigts dans la poussière, qui frémit, se mêle au ronronnement du moteur.

Nos doigts s’emmêlent, mon sexe se dresse. Pic face à la lune, pure provocation outrageuse.

Les tiges, douces et soudain plus caressantes, me tirent à elles, m’entravent. Une racine me ceinture la taille, s’approchant et s’éloignant avec frénésie de la naissance de mon sexe, alimentant mon érection sans oser, ou sans vouloir, directement la toucher.

Je ne peux me défendre face à de telles attaques, je ne peux plus rien. La berline nous matte toujours, comme un impuissant regarde la plus belle des strip-teaseuses exécuter la danse des sept voiles.

Elle salive. Luelle aussi.

Ielle me domine de plus en plus, ielle me contraint et m’amène vers son bassin, me guide en son eau. Je la goutte pleinement et m’y introduit en entière.

Ielle accompagne mes mouvements frénétiques des siens. Ses millions de particules aqueuses lèchent à la fois le galbe de ma poitrine et la naissance de ma verge, le long, le bout. Sa chaleur m’enivre et m’imprègne, me sert et me comprime au point de venir d’une jouissance pleine et parfaitement à la forme de mon sexe, comme si ielle en avait embrassé la forme de sa langue froide.

Je me laisse sombrer dans ses bras noirs qui se referment sur moi, laisse ma tête couler dans sa chair. Je la repousse et la lâche, rentre dégoulinante de son stupre dans ma voiture, et démarre la moteur, nue, laissant cellui qui me possède et me captive ici, dans son éternel réveil silencieux, dans sa solitude et avec la certitude que je foulerai son corps de mes pieds à nouveau.

Illustrations : Bernie

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