Culture

Rock Around The Clock #4 – The Battle Of Los Angeles

Chaque année, des centaines d’albums fêtent leur anniversaire dans l’oubli. Pour les célébrer, on va revenir sur cinq albums qui vont souffler leurs bougies en 2019. Pourquoi cinq, me direz-vous ? Parce qu’on a choisi de commencer en 1969 et de remonter de dix en dix pour s’arrêter à 2009. Quatrième épisode consacré à The Battle Of Los Angeles de Rage Against The Machine, qui célèbre ses 20 ans.

(Mentions honorables : Limp Bizkit – Significant Other, Nine Inch Nail – The Fragile, The Dillinger Escape Plan – Calculating Infinity, Muse – Showbiz, Incubus – Make Yourself, Dream Theater – Metropolis Pt. 2: Scenes from a Memory, Foo Fighters – There Is Nothing Left To Lose, Korn – Issues, Metallica – S&M, Underoath – Act Of Depression, Slipknot – Slipknot, Neurosis – Time Of Grace, Moby – Play, Blink 182 – Enema Of The State, Red Hot Chili Peppers – Californication, Blur – 13, Mogwai – Come On Die Young, CKY – Volume 1, Fu Manchu – Eatin’ Dust)

La fin du deuxième millénaire est une période charnière au niveau musical. En 1994, le grunge meurt en même temps que sa figure de proue Kurt Cobain et la jeunesse du monde entier cherche de nouveaux repères. On va assister à une véritable explosion de styles et de genres avec d’un côté les skateurs/surfers californiens proches du Pop-Punk de The Offspring, Blink 182 ou encore Green Day mais on a aussi toute une frange Emo qui va suivre la création du Nu-Metal avec Slipknot, Korn & Linkin Park, qui n’arrivera qu’en 2000. Mais il existe une frange qui mêle les deux fanbases avec deux groupes assez importants : Limp Bizkit & Rage Against The Machine.

Si le premier s’est crée en 1994, on ne peut douter de l’influence qu’a eu RATM sur eux avec notamment leur album éponyme sorti en 92, véritable gifle adressée au monde. Avec leurs idées politiques franches, leurs riffs saignants, les solos de Tom Morello & le chant de Zach de la Rocha, Rage Against The Machine s’est vite installé comme l’entité musicale de référence dans une jeunesse américaine toujours plus contestataire. Un autre quatuor prendra une place de choix dans le cœur des fans de metal : System of A Down. Mais restons sur RATM.

Leur ascension sera fulgurante avec Evil Empire, sorti en 96, qui atteindra la 1e place du Billboard 200. Album produit par Brendan O’Brien, dont la liste d’excellents albums est longue comme un jour sans pain. Le titre marquant est « Bulls On Parade » qui ne peut pas vous laisser insensible rien qu’avec son intro légendaire consistant en un coup de caisse claire suivie du riff principal. Une violence simple mais d’une efficacité redoutable.

On se retrouve donc en 99 avec une nouvelle fois Brendan O’Brien aux manettes de la 3e production des Californiens : Battle Of Los Angeles. Un titre évoquant les émeutes en 92 aux Etats-Unis. Dans la tracklist, on retrouve quelques tubes incontournables de leur discographie. Le premier, « Guerilla Radio », présent notamment dans le Soundtrack de Tony Hawk’s Pro Skater 2, un classique parmi les classiques. Le titre est tout ce que RATM sait faire de mieux. Un riff puissant, un refrain catchy et un Zach de La Rocha en prophète notamment sur la fin avec ce « All hell can’t stop us now ».

Ensuite, on peut noter la doublette Moore avec « Sleep Now In The Fire » & « Testify ». Si je leur attribue ce sobriquet, c’est parce que les deux clips pour ces morceaux ont été réalisés par Michael Moore, réalisateur connu pour ses prises de position politiques franches. La vidéo la plus marquante étant celle de « Sleep Now In The Fire » avec ce concert sauvage devant Wall Street, forçant l’entité de la bourse Américaine à fermer ses portes avant l’horaire prévu et provoquant un passage au poste pour Moore. Pour « Testify », Michael Moore tape sur les deux candidats au mandat de président de l’époque, George W Bush & Al Gore, en montrant qu’ils sont similaires sur une bonne partie de leur programme respectif, tout en critiquant l’Amérique qui n’hésite pas à aller à la guerre pour récupérer du pétrole.

Cet album sera un énorme succès commercial, battant même l’album de Mariah Carey sortant au même moment avec 420 000 copies vendues en une semaine. Il s’agit aussi d’un énorme succès d’estime auprès du public mais aussi des critiques avec notamment Rolling Stone & Time qui le placeront en tant que meilleur album de l’année 99. Mais finalement c’est ce qui va entraîner la chute du quatuor. En septembre 2000, un incident provoqué par Tim Commerford, bassiste, lors des MTV Video Music Awards va mettre le feu aux poudres. Un mois plus tard, Zach de La Rocha annoncera son départ de Rage Against The Machine. Il ne se sentait plus en phase avec ses collègues, notamment du point de vue politique. Il y aura bien quelques concerts lors des quelques dernières années, mais il semble bien que RATM ne reviendra pas de si tôt. En même temps, quand on voit ce qu’on fait les trois autres membres avec Prophets of Rage, on se dit que Zach de la Rocha a bien fait de s’éloigner de tout ça. Mais c’est un autre débat.

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