Société

La collapsologie, c’est quoi ?

Apocalypse Now. Non, ce n’est pas un papier sur le Final Cut de Coppola mais sur une école de penseurs, regroupant un peu moins de quinze mille adeptes sur le globe : la collapsologie. Elle est “l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder“, effondrement qu’elle prévoit d’ici 2038. La question que cette étude soulève est la suivante: qu’est-ce qui succéderait à la civilisation telle qu’on la connaît et quel est l’avenir pour l’humanité ?

Selon Yves Cochet, dans un monde où tout va de plus en plus vite — réchauffement climatique, disparition des espèces, événements météorologiques de grande ampleur — l’Homme a besoin de se réinventer. Pour cet ancien Ministre de l’écologie sous la présidence de Jacques Chirac, “le manque d’essence et d’eau potable” seront les deux grands facteurs de la chute de la civilisation. Le nombre d’êtres humains chuterait jusqu’à 4 milliards, de par les guerres civiles, les épidémies et le monde incertain qui nous entourera, où “les morts seront des proches” et le monde signe de solitude. Cet auteur préconise un retour aux sources évident où il sera bon de vivre en dehors des villes qui, elles, seront inhabitables.

Couverture de l’ouvrage d’Yves Cochet
“La période 2020 – 2050 sera la plus bouleversante qu’aura jamais vécu l’humanité en si peu de temps.”

Dans l’émission de Yann Barthès “Quotidien”, Yves Cochet dit s’être déjà trompé dans les détails mais jamais dans la globalité de ses études. Il expose également le fait qu’il est inconcevable pour le cerveau humain de se projeter dans sa propre fin. Ainsi, la collapsologie interroge : nous cachons-nous la réalité ? Est-ce seulement un moyen pour nous mettre en garde sur une catastrophe encore lointaine, de par la fiction ?

“Il est des idées d’une telle absurdité que seuls les intellectuels peuvent y croire.”

George Orwell

Le remède à cette issue se trouve peut-être dans les mouvements naissants d’écologie, avec des citoyens qui se sentent de plus en plus concernés par les questions environnementales. Ou bien peut-être parallèlement dans les politiques, qui souhaitent prendre en compte l’écologie, afin de protéger l’avenir des populations.

Quant à la science, les avis des scientifiques divergent. Stephen Hawking a annoncé dans un discours en 2016 qu’il ne nous restait qu’environ 100 ans à vivre, estimant que la seule option qui se présentait aux êtres humains était de trouver une autre planète où vivre. Pour d’autres scientifiques, “dans 50 ans, neuf milliards de personnes vivront sur la Terre“. Pour reprendre les propos de Pablo Servigne :

En collapsologie, il nous faut donc accepter que nous ne sommes pas en mesure de tout prévoir. C’est un principe à double tranchant. D’un côté, nous ne pourrons jamais affirmer avec certitude qu’un effondrement général est imminent (avant de l’avoir vécu). Autrement dit, les sceptiques pourront toujours objecter sur cette base. De l’autre, les scientifiques ne pourront pas garantir que nous n’avons pas déjà gravement transgressé des frontières, c’est-à-dire que l’on ne peut pas objectivement assurer à l’humanité que l’espace dans lequel elle vit aujourd’hui est stable et sûr. Les pessimistes auront donc toujours du grain à moudre.” — Pablo Servigne & Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer, Seuil, 2015

Projet de la tour épave à Prague reflétant la fin de l’ humanité.
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