Culture

Qui est le meilleur artiste de tous les temps ? Les poulains des rédacteurs

Pour animer vos fêtes de fin d’année, La Giclée s’est mis en tête de répondre à une question, et pas des moindres: qui est le meilleur artiste de tous les temps ? Eh bien, figurez-vous que vous allez nous aider à répondre à ces questions en votant sur Instagram et Twitter, mais avant cela, on vous laisse découvrir les raisons qui ont conduit au choix de certains de nos champions, par les rédacteurs eux-mêmes, pour vous servir.

Lucas Morgand

1. Adolf Hitler

Bon, quand on m’a posé cette question à 1 million, le choix était cornélien. Le problème, c’est qu’il y a trop de réponses possibles, passant des classiques comme Mozart, Leonardo Da Vinci ou encore Victor Hugo, aux atypiques comme Yoko Ono. De manière générale, on peut facilement affirmer que ces artistes ont apporté des trucs cools à l’humanité. Donc, dans l’esprit de La Giclée, j’ai essayé de renverser la question : “qui est le meilleur artiste qui n’a pas apporté grand-chose à l’humanité de tous les temps?”. En soi, c’est dur d’être médiocre et ça relève certainement du génie. C’est pourquoi j’ai choisi Hitler. Entre deux massacres de masses et une invasion, il prenait certes le temps de regarder Blanche Neige, son film préféré, mais aussi de peindre des croûtes pas piquées des hannetons.

Adolf Hitler.

Alors parlons de l’histoire d’Hitler, l’artiste. D’origine autrichienne, il a essayé d’intégrer des écoles d’art à Vienne avant la première guerre mondiale. Mais il était vraiment pas très fort, donc ils l’ont refusé. Certaines rumeurs disaient même pour qualifier son talent qu’il avait une formation de peintre en bâtiment. Malgré tout, c’est l’un des seuls artistes qui permet aux amateurs d’art d’allier la passion pour l’art et la passion du petit homme.

Joli tableau où les gens font la même taille que l’artiste.

Après, soyons honnête, Hitler, le dictateur a fait beaucoup au monde de l’art et au monde tout court. Il devait très certainement être jaloux du talent d’Otto Dix ou encore Chagall.

Au final, Hitler était quand même un (mauvais) artiste qui a énormément influencé notre monde, mais pas forcément de la bonne manière, je vous l’accorde. Et ses tableaux se vendent plutôt chers, même si je pense que ce n’est pas lié à l’esthétique des tableaux mais plus au caractère sulfureux du personnage.

Lucas Martin:

2. Ludwig van Beethoven
3. Alfred Hitchcock
4. Robert De Niro
5. William Shakespeare

Pour me faciliter la tâche dans cette mission impossible qui est de choisir un artiste et de le désigner comme le plus grand de tous les temps, j’ai décidé d’en proposer quatre, quatre dans un registre différent. J’ai essayé de faire des choix objectifs, en me reposant sur l’importance historique des bougres, plus que sur mes goûts personnels. Commençons par la musique, avec ce bon vieux Ludwig Van Beethoven, auteur de la fameuse Sonate au Clair de Lune, un des plus beaux morceaux jamais composés. Ses autres compositions ne sont bien sûrs pas en reste, si bien que pépère est presque devenu un personnage à part entière d’Orange Mécanique de Kubrick, 150 ans après sa mort.

Ludwig van Beethoven.

Et puisqu’on parle de cinéma, j’ai choisi non pas Kubrick, malgré l’influence esthétique qu’il a eu sur de nombreux réalisateurs (Wes Anderson, David Fincher…), mais Alfred Hitchcock, inventeur d’un procédé scénaristique, le MacGuffin (un objet qui lance le récit d’un film, mais qui disparait après coup), et auteur tout aussi influent dans l’histoire du cinéma. Hitchcock était d’abord mal vu par ses contemporains, avant d’être ré-institutionnalisé par la bande des Cahiers du Cinéma (Bazin, Godard, Truffaut…) pendant les années 50. En outre, Psychose a marqué un tournant esthétique dans l’histoire du cinéma, et a profondément transformé la production des films d’horreur, qui n’était jusque-là, quasiment que des films de monstres. Bref, un bon prétendant au titre.

Alfred Hitchcock.

Avant de quitter le cinéma, je pense qu’il est aussi bon de proposer un acteur, un interprète, dans cet article consacré quasiment exclusivement aux créateurs. Et c’est je pense que Robert De Niro, acteur ayant émergé pendant le Nouvel Hollywood et ayant traversé les époques en restant toujours au top, mérite sa place.

Robert De Niro.

Et enfin faisons un retour en arrière, avec William Shakespeare, tout simplement parce que je pense que ses pièces, surtout ses tragédies, sont les œuvres les plus influentes dans la production artistique occidentales après la Bible. On ne compte plus les adaptations sur scènes ou au cinéma de ses récits. Donc rien que pour ça, Shakespeare est probablement le plus grand artiste de tous les temps.

William Shakespeare.

Loïs Guzukian

6. Antonio Vivaldi
7. Les Beatles
8. ABBA

3 artistes dans le domaine de la musique. Des noms connus de tous et mythiques pour l’empreinte qu’ils ont laissée dans leurs domaines respectifs.
En premier lieu, Antonio Vivaldi, compositeur de musique baroque à qui l’on doit, entre autres choses, les 4 saisons. Et si vous avez envie de faire une blague à base de pizza, cassez-vous très loin et ne me parlez jamais.
Les 4 Saisons, c’est une représentation magistrale des sentiments et des ambiances qu’on peut ressentir lors des différentes périodes de l’année. C’est une oeuvre intemporelle qui touchera toutes les âmes de mélomanes qui traînent.

Antonio Vivaldi.

Ensuite, The Beatles. Les Fab Four ont juste révolutionné la pop et influencé 95% de la musique actuelle. Leur évolution dans le temps est facilement notifiable et leurs diverses influences se mélangent pour former une entité musicale indétrônable encore aujourd’hui. Une production digne des plus grands albums modernes pour un résultat encore aujourd’hui éblouissant. De Revolver à Abbey Road en passant par Rubber Soul, la discographie des Scarabées est un chef-d’oeuvre à elle seule.

Les Fab Four, durant un placement de produit pour Playmobil.

Enfin, ABBA. Choix qui peut paraître surprenant quand on connaît la masse d’artistes qui ont existé sur notre planète, mais quand on met un grand coup de pied dans le disco & la pop à base d’harmonies parfaites et d’instrumentations magistrales, on ne peut que s’incliner. Leur intelligence créatrice est quelque chose que tout le monde devrait envier. Chaque chanson issue d’un de leurs albums est un potentiel tube. Ce n’est pas un hasard si une immense majorité de la population mondiale connait au moins un titre du quatuor Suédois.

ABBA.

Georges Mustafi

9. Grumpf
10. Eiichiro Oda
11. PNL

Ça va deux minutes la paluche sur les artistes d’un autre temps. Il est sans doute plus consensuel et évident de lustrer la turgescente renommée – qui es-tu, renommée ? – d’un italien de la Renaissance parce qu’il dessinait des camgirls à poil avec ses tubes de gouaches, ou d’un germanophone qui savait faire souffler 35 joueurs de clarinette à l’unisson, mais cette vision de l’art est désuète.
Outre le fait que l’Art soit cumulatif, à l’instar de la technologie, qu’il est donc par essence plus complet et intuitif pour les artistes contemporains mais qu’il leur réclame en contrepartie toujours plus de génie pour casser, réinventer les codes, se réapproprier les mediums et les genres ; l’art souffre d’un biais cognitif bien connu : celui du « C’était mieux avant ». Par exemple : les génocides, c’était mieux avant, quand on pouvait les commettre en douce, pas vrai Mesut ?
Une malhonnêteté intellectuelle vieille comme le monde, ou presque. Elle était déjà répandue dans la Grèce antique et même chez les sumériens. Tu sais ce qu’il y avait avant les sumériens ? Pas grand-chose à part des croisements entre des bonobos et des gnomes qui commençaient tout juste à s’inventer des slips. Alors si c’était mieux avant, bah avant Mickey l’Ange et Léonard De Vinci, il y avait Grumpf.

Grumpf ? C’est 1m43 de poils et de testostérone pour une ribambelle d’œuvres cultes, comme les parties de chasse sur les murs de la Grotte Chauvet (partenaire culturel de Baboulinet FM) ou encore toute une flopée de petites sculptures en pierre. Et tu sais ce qu’il y avait avant Grumpf ? Rien du tout mon pote. Echec et mat.

Grumpf, la légende.

Mais si le domaine de la peinture rupestre semble aujourd’hui surtout amuser les pointeurs de tous les vingt-huit du mois, et j’en veux pour témoins leurs improbables graphs sur les ponts d’autoroute et autres fresques commandées par des maires LR pour jouer la carte magie « Dialogue Social », les arts graphiques restent dignement représentés. Alliant à ses dessins la maestria d’un scénario ficelé et maîtrisé d’une main de fer, avec la prouesse physique et mentale d’un rythme de sortie hebdomadaire depuis plus de vingt ans, surpassant les prophètes du genre, écrasant la concurrence, Eiichiro Oda signe avec One Piece la plus grande œuvre littéraire et graphique de tous les temps.

Eiichiro Oda.

Pour faire au moins aussi impressionnant, il ne manquait que de Deux Frères au sang corse mélangé bougnoule. Deux hurluberlus de Corbeil-Essonne qui reprennent d’ailleurs un code fondamental des nekketsu, celui de rallier progressivement et inéluctablement à leur cause les plus réfractaires à leur style, pour finalement ne plus se contenter d’importer les influences d’un rap US toujours au sommet, mais devenir les ténors d’un rap français nouvel étendard mondial. PNL ne surclasse pas la concurrence car PNL n’en a pas, ni aujourd’hui, ni hier. Demain sans doute.

PNL.

Théo Camus

12. David Bowie
13. Bill Viola
14. Frank Lloyd Wright

Ces trois artistes dessinent ensemble ce qui pourrait être un parcours sensoriel, incomplet mais cohérent à mes yeux. Ces trois personnes ont toutes évolué à échelle récente (échelle relative). C’est un parti pris car je pense aussi que le temps efface non pas la puissance de l’oeuvre d’art en elle-même mais altère en tout cas son message: le contexte est très important. Je pense que de manière générale, on peut comprendre assez aisément les 100 années qui nous précèdent. Au delà, même pour un historien qui étudie les temps lointains, comprendre ces détails contextuels qui permettent de saisir l’entièreté de l’oeuvre est complexe. L’art est une chose du présent, ou d’un passé proche relatif.

Ces artistes ont chacun, dans leur catégorie, parcouru les sens. Bowie à été un grand musicien et a exploré la musique dans sa partie strictement musicale. Il a su varier les genres, diversifier les sons et explorer tout en construisant son univers. Un artiste doit créer, mais il doit avant tout expérimenter. Bowie a su exploiter son image et son jeu de scène, qui font aussi partie de la musique. C’est là une partie de son génie et aussi ce pourquoi il a tant marqué les esprits.

David Bowie

Bill Viola est lui un peu moins connu, mais je pense que l’on peut dire que c’est un véritable novateur. C’est un artiste vidéaste très conceptuel. Il a, au travers de vidéos, réalisé de véritables expériences particulières. La vidéo, sorte de petit frère bâtard du cinéma, révèle sa grandeur dans ses œuvres. Certaines de ses œuvres sont accompagnées de son et s’impriment en nous; on en devient presque habité.

Une oeuvre de Bill Viola.

Et c’est là que Frank Lloyd Wright intervient. Cet architecte a toujours essayé de remettre la nature au centre de notre habitat, lui aussi de manière conceptuelle. L’architecture n’est pas considérée par tous comme un art. Pourtant, l’art est essentiel et il peut également être utile. Une maison, l’habitat, est essentiel à tous. Et on se doit parfois de réellement vivre l’art mais pas comme une expérience éphémère, plutôt comme un véritable mouvement continu. Et c’est peut-être le seul architecte à l’avoir fait.

Ce petit parcours artistique et sensoriel est à mon avis une des différentes manières d’aborder l’art. Non pas de trouver un artiste absolu, mais une approche qui tend à amener vers une “classification” au delà du beau, qui touche au vécu. Mais aussi, à une implication de l’artiste dans son projet jusqu’à peut-être le vivre.

Une création de Frank Lloyd Wright.

Pauline Baudoin

15. Henri Matisse
16. Joël Pommerat
17. Rebecca Sugar

Ceux qui me connaissent pourraient aisément comprendre pourquoi j’ai fait ces choix-là. Je suis une enfant au fond de moi-même et en ce qui concerne Matisse, c’est sa période fauviste très colorée qui m’intéresse le plus. J’aime la simplicité de ses tableaux et les couleurs vives qui en ressortent dans certains cas (cf. Le Chat aux poissons rouges). Cela m’inspire et me transporte vers un monde plein de couleurs et j’aime la couleur.

Le Chat aux poissons rouges.

Pour Pommerat, j’imagine que c’est parce que j’ai été touchée par sa version de Cendrillon étant plus jeune, lorsque je faisais partie de la section théâtre de mon lycée. J’ai trouvé sa mise en scène particulièrement impressionnante avec l’utilisation de la vidéo (réaliser des murs qui semblent réels aux yeux du spectateur relevait à l’époque de quelque chose d’incroyable). L’univers sonore était épatant et le jeu des acteurs transcendants. Incarner Sandra et hurler, alors qu’elle était présente dans le public, “Ma mère est morte”, était bouleversant. C’est l’une des rares fois où j’ai su m’abandonner au profit de mon personnage. Outre mesure, j’apprécie globalement les aspects sombres et particulièrement cyniques qu’il ajoute dans ses adaptations de contes traditionnels (Cendrillon ou Pinocchio). C’est à voir.

Joël Pommerat.

Masterpiece pour le dernier paragraphe, évidemment ! Rebecca Sugar ! Je ne suis pas particulièrement fan de la personne mais cette femme a vraiment su apporter de la magie (ou des paillettes putain de LOL vas-y rigole) dans ma vie. J’ai entendu parler d’elle au travers de la série (que je recommande TRÈS chaudement pour tous ceux qui n’ont jamais essayé ou n’ont pas réussi à dépasser la saison 1) Steven Universe. LA série qui choppe JK Rowling par le col pour lui dire “Bitch, moi j’ai des balls et moi J’OSE mettre des personnages LGBTQ+ assumés dans ma série.” (Non parce que l’homosexualité de Dumbledore “révélée” par son adoration des modèles de tricots…. Voilà, tu as saisi l’idée) Bref, Steven Universe est une série touchante, poignante, qui présente des personnages tous plus attachants les uns que les autres (Amethyst forever dans mon coeur <3). Vous ai-je parlé de la merveilleuse voix que Rebecca Sugar possède? En plus de son talent mélodieux pour le ukulélé? Elle compose la majorité des musiques de cette série, participe au design, au script, elle est juste GÉNIALE ! Au-delà de Steven Universe, elle a aussi participé en tant que graphiste dans la série (non pas meilleure mais pas pour autant médiocre) Adventure Time. Deux séries à voir où vous pourrez apprécier le génie créatif que représente Rebecca Sugar.

Rebecca Sugar.

Davit Khatchatrian

18. Kendrick Lamar
19. Michel-Ange

Kendrick Lamar est le meilleur rappeur actuellement, et l’un des meilleurs rappeurs de tous les temps, à mon humble avis. Sa présence dans ce tournoi est tout simplement justifiée par ses albums qui sont d’un niveau phénoménal. Même Section.80, qui est son premier album et qui n’est pas aussi bon que ceux qui suivent, est un album incroyable. Certains rappeurs rêveraient de sortir un album de cette qualité une fois dans leur vie, alors que c’est le moins bon de Kendrick. Ce sont trois chefs-d’œuvre, qui poussent l’art du rap à son paroxysme et qui exploitent de manière habile le concept d’album, notamment avec un fil conducteur très fort en leur sein. Outre ses qualités de paroliers, Kendrick a un don avec la mélodie et les flows. Et réussir à faire des sons de rap, qui passent à la radio et en boîte, et qui ont une portée sociétale, c’est du grand art.

Kendrick Lamar

De l’autre côté, j’ai mis Michel-Ange. Je ne saurais pas vraiment quoi dire, je connais même pas spécialement sa vie, je sais juste que ses œuvres me font un effet que très peu d’œuvres me font, alors que je ne les ai jamais vues en vrai. La Pietà et David sont des chefs d’œuvre de la sculpture, même sans connaître la technique on se rend vite compte du travail incroyable derrière. Mais, son grand chef-d’œuvre reste le plafond de la chapelle Sixtine, qui regorge de détails et qui est une perfection en termes de technique. C’est un génie, en somme.

Mickey l’Ange.

Victor Cabras

20. Lou Reed
21. Les Frères Coen
22. Bertrand Cantat
23. Salvador Dali

De The Velvet Underground à sa carrière solo, Lou Reed a su briller mais surtout éveiller en nous, de par sa voix unique posée sur des mélodies glam, des émotions trop souvent enfouies. Il constitua de mythiques duos avec d’autres légendes tels qu’Iggy Pop ou encore Bowie. On ne peut rêver meilleure vie que celle que nous fredonne So Just a Perfect Day, qui ressuscite nos souvenirs au son de mélodies mystiques. Une légende partie trop tôt qui aurait pu nous faire découvrir d’autres facettes de sa vie en continuant son oeuvre. Oeuvre tout de même bien complète avec quelques apparitions au cinéma.

Lou Reed.

Le 7ème Art et les Frères Coen ne font qu’un. La manière avec laquelle ils nous donnent à voir des personnages d’une authenticité sans pareille est stupéfiante. Justesse, lenteur, pureté, introspection, déchéance, et mélomane: voici comment on pourrait définir leur oeuvre, en grande partie cadrée sur l’Amérique et ses habitants mais plus spécialement sur les Etats aux fortes cultures et caractères comme par exemple le Texas dans No Country for Old Men, ou encore le Midwest avec Fargo. Les Frères Coen, c’est aussi l’humour comme avec The Big Lebowski. Dans chacune de leurs œuvres, une forme de vérité sur le monde qui nous entoure, un humour noir comme reflet de nous-mêmes, et des quiproquos se révélant être les rouages de ce cinéma que l’on admire.

Les Frères Coen.

Je ne saurais écrire ces quelques lignes sans penser au drame dont a été l’auteur Bertrand Cantat et qui a entaché sa carrière. Cependant, le Rock français trouve un pilier fort en le chanteur du groupe Noir désir. La voix forte, parfois éraillée qui change de tons en quelques secondes pour nous transporter d’un orage à une plaine vierge immaculée est bien celle de Cantat. Avec l’album Choeurs en 2011 et une voix quasiment a capella accompagnée de quelques instruments, Cantat nous dévoile une part de lui-même attachée à l’Antiquité. De Noir Désir à son passage dans d’autres groupes en passant par ses albums solos, on entame un voyage entre le tréfonds des enfers et l’Atmosphère.

Bertrand Cantat.

“Il y a des jours où je pense que je vais mourir d’une overdose d’autosatisfaction.” Voilà Dali en une citation, la peinture du vingtième siècle en un nom. Bien avant son passage au surréalisme, Dali est surtout un dessinateur hors pair. C’est avec la naissance du dadaïsme, avant qu’il ne devienne le surréalisme, que Dali s’est forgé un véritable nom. Grâce à des œuvres tout droit issues de ses rêves ou parfois de cauchemars plutôt sombres déposées sur du papier ou des grandes toiles aux couleurs flamboyantes ou froides, nous découvrons son histoire. Salvador Dali nous plonge dans une mer Douvres toujours plus grandioses qui nous absorbe comme du goudron chaud dont on ne saurait se sortir. Dans cette marée noire vogue une véritable constellation d’oeuvres toutes aussi différentes que les jours qui passent, remplies de noirceurs ou de lumières. 

Salvador Dali.

Kevin Masseteau:

24. Charles Baudelaire
25. Denis Diderot

Moi aussi, j’aurais pu faire le hipster et sélectionner des nabots au bras un peu trop tendu ou des rappeurs US. Mouais. Avant de considérer les rappeurs comme des artistes, il s’agirait d’abord de tirer au clair si le rap peut déjà être considéré comme de la musique. Mais je m’égare. Moi, j’ai choisi de sélectionner le JuL du XIXe siècle, celui qui faisait twerker les Tchikitas des salons mondains; j’ai nommé Charles Baudelaire. Des thèses entières ne suffiraient pas à démêler la puissance des Fleurs du mal, et même si notre ami Charles n’a jamais eu le mauvais goût d’allier autotune et saxophone, il savait tout autant s’y prendre pour choquer la bourgeoise frigide. Eh vas-y que je te compare à une charogne par-ci, vas-y que je fais des références sexuelles dans un poème sur deux… De toute façon, on s’en fout, les gens ne retiendront que mes rimes de bâtard. Et il avait pas tort, le con. Malgré les 800 procès subis de son vivant, aujourd’hui Baudelaire c’est probablement la plus grosse masse testiculaire jamais posée sur le Poésie-game, parce qu’on n’a jamais vu d’oeuvre aussi dense, fatale et belle concentrée en un simple objet de papier, parce qu’on ne voit plus, même aujourd’hui, de vers si doux et violents, si laids et magnifiques, si simples et complexes, et parce qu’on en verra sans doute plus jamais. Baudelaire, c’est la lumière; Les Fleurs du mal, le cristal; et comme sur la pochette d’un album très méconnu des Pink Floyd, ça fait des arcs-en-ciel, de votre petit cœur jusqu’au dos des trousses des Justine de 1re L. Et ça, personne n’avait réussi à le faire au moins depuis Fauve.

Charles Baudelaire.

Quant à mon deuxième champion, il sort un peu des sentiers battus: laissez-moi vous présenter le Did’s, la terreur littéraire la plus mésestimée du XVIIIe siècle: Denis Diderot. “Ah mais ouais mdr c’est le mec qui a fait l’Encyclopédie là”. Eh oui, en effet, le Did’s était un sacré lascar. Mais s’il mérite d’être sélectionné selon moi, c’est parce qu’il est bien plus qu’un Petit Robert des Lumières. Ce qu’on oublie, c’est qu’à l’époque, le Did’s, c’était un peu le regista des Lumières, l’homme à tout faire, à tel point que quand on se penche sur son palmarès, on se rend compte que le monsieur a touché à tout, et qu’en plus il a réussi le tour de force de révolutionner – ou à moindre mesure à remettre en question – chaque domaine littéraire duquel il s’approchait. Rendez-vous compte: quand vous cherchez Denis Diderot sur Wikipédia, vous avez carrément une page entière dédiée à ses œuvres, parce que les couilles du monsieur ne tenaient pas dans une simple rubrique. Le roman ? Jacques le Fataliste. Check. Le conte ? Le supplément au voyage de Bougainville. Check. Le théâtre ? Le fils naturel. Check. Ajoutez à cela les dialogues philosophies et politiques et les essais innombrables du monsieur et vous avez une idée globale qu’à quel point le Did’s n’avait pas envie de rigoler avec vous et de combien il est urgent de lui apporter enfin la reconnaissance qu’il mérite, c’est-à-dire en lui faisant remporter ce tournoi.

Denis Diderot.

Camille Nicolaï

26. Stanley Kubrick
27. Frédéric Chopin
28. René Magritte
29. Henri “Le Douanier” Rousseau

Mettez ces quatre génies dans une seule et même pièce et vous viendrez directement à vous délaisser de toutes vos mauvaises croyances, présupposés et idéaux. Kubrick se charge, avec aisance et précision, de placer votre corps dans l’axe ultime de la symétrie de votre âme, pour que l’environnement que vous croyiez dompter, ne se révèle en réalité n’être que le miroir infernal de ce que vous êtes.

Stanley Kubrick.

Alors, perdu par la violence de la perspective qui s’offre à vous, Chopin s’empare de votre antre pour y déposer la plus douce des mélodies. Soudainement, plus rien d’autre que cette nocturne op.9 no.2, qui s’empare de votre corps pour l’élancer dans une danse des plus somptueuses, n’existe.

Frédéric Chopin.

Lentement et délicatement, Magritte trompe votre réalité, vous perdez votre visage en le troquant contre un bouquet de fleurs et les murs s’effondrent pour ne laisser apparaître que l’immensité d’un ciel bleu nuageux aux odeurs acidulées.

Décalcomanie, par Magritte.

Vous perdez contact avec la réalité, tout vous semble flou et pourtant le Douanier Rousseau nous ranime avec mille contrastes. Vous n’êtes devenu qu’un infime élément de ce tableau, car perdu dans cette jungle, l’Homme n’a plus sa place. L’art et la nature reprennent leurs droits sur vos goûts, pour ne laisser de ce mémorable voyage que la larme qui coule et le cœur qui revit.

Le Rêve, par le Douanier Rousseau.

Rendez-vous sur notre Twitter et notre Instagram pour soutenir votre champion ! Début du tournoi le 27 décembre à 18h.

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3 commentaires

  1. Un artiste remarquable français connu sous le nom de Patrick Juvet a écrit une chanson dont le refrain, bien connu, questionne « où sont les femmmmmmmes ? » . Je me pose la même question en lisant cet article avec une seule femme solo citée et deux femmes dans un groupe musical. Dommage ….

  2. Bonsoir,
    J’ai lu cet article avec un certain intérêt, mais celui ci me laisse quelque peu pantoise. Ne faisant pas d’études littéraires, une question m’est venue à l’esprit : le terme « artiste » est-il donc seulement masculin? En effet, la présence de femmes dans cet article tend vers 0 (ou 3 pour être précise).
    En attendant une réponse rapide de votre part pour ne pas laisser ma question en suspens, je vous souhaite d’agréables fêtes de fin d’année.

    1. Bonjour,
      Comme spécifié dans l’introduction de l’article, les candidats présentés sont ceux qui tenaient à cœur aux différents rédacteurs. Il n’y a donc ni volonté d’évincer les femmes de cette compétition, tout comme il n’y avait aucune volonté d’imposer un quota d’égalité des sexes, qui aurait été absurde; il s’agit seulement des “potentiels meilleurs artistes de tous les temps” selon les rédacteurs.
      Bonne soirée.

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