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Ambiance dansante

Je sors de cet appartement
Il est l’heure de danser apparemment
En meute on se dirige vers bars dansants les bras ballants
Entre louves, prêtes à en découdre
Une clope au bec comme à mon habitude
Arrrf encore une bière et je titube
Tout ces joints m’ont enfermée dans une bulle
Je perds toute certitude
Et je prends de l’altitude
Mon esprit est vide de toute inquiétude,
Enfin je ressens la plénitude
Je fais péter les barreaux de la cellule
Le monde est juste un assemblage de particules
Putain c’est peut-être la faute à cette pilule

Enfin je percute
J’ai fait sauter l’opercule
De plein fouet
J’aperçois cette autre réalité
Le voile s’est levé sur mon esprit embrouillé
Tout devient net et limpide.
Il n’y a aucune fille candide
De l’autre côté de la vitrine, ce monde trop morbide

En meute on se dirige vers bars dansants, il est temps de danser apparemment
Les gens se bousculent à l’entrée, à l’intérieur des danseurs en sueur
Transpirant ils s’agitent, gesticulent, ont l’air de n’avoir plus aucune inquiétude
On me tire par le bras, plus rien ne me tire vers le bas, je prends de l’altitude.
Plus jamais je ne rentrerai dans votre cellule.
Je m’adosse au bar, j’attends ma dose, regard hagard, et par hasard
C’est sur elle que mes yeux se posent
Loin de la quiétude atmosphérique
Sa présence semble tellement anachronique
Son expérience allégorique
Un visage au teint clair qui dit « Je ne me laisserai plus faire »
Elle m’intrigue, je me laisse guider par mon instinct
Peut-être que je me méprends
Pourtant son expression se tend

Merci pilule, je prends de l’altitude, et un peu de recul
Je re-questionne les normes
Quels sont les codes
A quoi on se conforme
Toutes ces formes immondes, des hommes ? Leurs ombres ?
Le monde sans filtre porte un autre titre
Plus sombre, sans exaltation
Pilule, tu m’extrais de la matrice,
Tu me sors de la fiction

Loin de l’ambiance générale
Elle a le teint pâle
Elle dégage quelque chose d’anormal
Cherche des yeux d’autres regards courageux
Des gens furieux
Est-ce l’alcool qui rend cet événement pas si scandaleux
Et masque un désir masculin tendancieux
L’égoïsme, l’indifférence que toutes ces choses passent sous silence
Parce qu’elles dérangent, parce qu’elles arrangent
On ne se rangera plus,
Meute de louve, prête à en découdre
On a la rage comme l’Olympique Lyonnais
Certains manquent d’éclairage comme les rues du 8ème.

Tout me paraît hors norme
Elle et son regard morne
Un décor en désordre
Ces drogues modifient ma focale
Mais nique la médecine légale
Accéder à cette autre réalité
Ne plus être enchaînée
C’est tout ce que je recherchais en avalant ce comprimé
Merci pilule avec toi je plane au dessus de la multitude

Ce visage alarmé, presque paniqué
Situation bien trop banale
Parce qu’ancestrale
Ma haine est viscérale
L’homme un animal
C’est culturel, c’est dans leurs veines
Merci drogue qui modifie ma focale
Pilule donne lucidité
Et cet homme qui tente un collé-serré
Putain de bars dansants et tout ces gens si transpirants
Et tous ces hommes si collants
Son expérience est allégorique
Ne pensait pas que c’est anecdotique
Il n’y a rien d’énigmatique
Putain de malaise atmosphérique
Non connard il n’y a rien d’alchimique
Ta bouche n’a rien de féerique
Avec ton pauvre regard impérialiste
Que tu poses sur son décolleté
Et ses épaules dénudées
T’as de l’assurance, tu sais draguer
Quelques pas de danse et la fille va se déhancher
Entre tes bras musclés
Fait avéré, ça a tant de fois marché
Elles ont toutes mordues à l’hameçon
Tombées comme des mouches, toujours la même chanson
Elles n’ont pas dit non, elles ont légèrement souri, elles n’ont pas dit oui.
Elles se sont tues, ont dansé, elles n’ont rien dit.
Tu as l’air si triomphant
Elle offensée
Dégoûtée de ton haleine
Mais un peu gênée de te repousser
Elle te sourit à moitié
Tu l’as pris pour une aubaine
Et tu ne l’as plus lâchée

Merci pilule, tu as fait sauter l’opercule
Supprimer quelques filtres
Voir en ces flirts des meurtres

Ambiance festive des bars dansants
Femmes restent sur leur défensive
Car hommes toujours à l’offensive
Ambiance agressive des bars dansants
Pourtant on sait pertinemment que demander une fois ou mille fois,
C’est la différence entre proposer et insister,
Entre complimenter et harceler.
Un tel entêtement en oublie le consentement
Piétine des corps et traumatise à sa guise

Un système, un schéma, une omerta
Domination du patriarcat.
Homme immonde, partage le pouvoir, libère la parole
Culture du viol, détient le monopole
Homme a jeté son auréole, a agrandi les nécropoles
Onde de choc dans société sous camisole
Laisse ta place, fais de la place.
Dans le grand cercle viril des décideurs
Pas de elles que des ils, cis qui se donnent un genre

Il est l’heure
Pénis, laisse ta place, fais d’la place
Chatte à sa place sous le soleil.

Texte: Anaïs Beringer.

Illustrations: Mankenti.

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