Culture

Sa main gauche – critique

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Lecture, calme et volupté

Sa main gauche, par Valentine Lévy, est une invitation à la lecture d’un roman qui oscille entre fiction et poésie (deux points forts de cette autrice). Laissez-vous conduire dans cet univers infini par le narrateur, qui sera votre guide, comme Virgile l’a été pour Dante.

En ouvrant ce livre (avec la main gauche, j’espère), vous ferez la connaissance de Joseph, le protagoniste cher au narrateur, mais aussi de Martin, Florentin, Bernard, Lisette ou Géraldine et bien d’autres (qui ne trouveront jamais grâce aux yeux du narrateur, malgré vos efforts). Ce livre dépeint avec naturalisme (comme le fait Zola) la vie de chaque personnage, remplie d’un peu de tout, comme du réalisme plein de bonne humeur de Pagnol mais aussi du réalisme plus grave de Balzac. Mais l’autrice ne se limite pas à ces mouvements littéraires, elle apporte une touche de surréalisme à son histoire, guidée par les humeurs du narrateur et du lecteur.

En ouvrant ce livre (toujours avec la main gauche, j’espère), vous n’êtes plus seul, le narrateur est venu s’installer à côté de vous : il vous prend la main (la gauche peut-être, pour voir si elle est parfaite, comme celle de Joseph) et ensemble, vous entrez dans une galerie de portraits à La Bruyère, présentant les désirs et les vices de chaque homme et de chaque femme rencontrés au fil des pages.

Valentine Lévy, passionnée de littérature, ne se prive pas pour faire référence aux grands auteurs du XIXe siècle : elle emprunte à Victor Hugo ses personnages ainsi que sa capacité à ne vouloir rentrer dans aucune case. Ce que nous réserve cette autrice, c’est son talent certain qui ne se logera jamais dans un seul et même mouvement littéraire.

Avec ce premier roman, qui est drôle et émouvant, on s’attache aux personnages (surtout à Florentin, ce bg) et on espère, après avoir fermé ce livre (avec la main gauche, bien évidemment), qu’il ne s’agit pas seulement d’une galerie de portraits, mais plutôt du début d’une nouvelle Comédie Humaine, aussi mémorable que celle de Balzac (surtout si Florentin se glisse au rayon érotisme et sensualité de notre librairie préférée).

Procurez-vous Sa main gauche, premier roman très prometteur de Valentine Lévy, chez MVO Editions ou chez votre libraire préféré.

Sa main gauche, c’est un condensé de perfection résolument ineffable. Lui, c’est Joseph – alias Jo –, terriblement imparfait et donc parfaitement descriptible. Un bon protagoniste de roman. Enfin… Sauf pour lui. Les candidatures auront beau s’enchaîner, aucune ne trouvera grâce aux yeux de cet être mystérieux, capable de vous évincer de la narration en un simple claquement de doigt… Difficile est le combat de l’auteur cherchant à imposer son personnage ! C’est à ce combat sans merci que je vous propose d’assister sans plus tarder.

4e de couverture de Sa main gauche (rédigée par l’autrice elle-même)

Un article par Eté Cobalt.

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