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Le labo des horreurs de la Beaufloc’ #1 – Les clichés

Ça fait longtemps que j’ai pas commencé une série d’article qui finira inévitablement par avorter… Allez on y va!

Parmi les genres cinématographiques il en est un qui appelle particulièrement au cliché : le cinéma d’horreur. Mais c’est un peu ce qu’on demande ! N’est-ce pas parfaitement cathartique de voir de riches bourgeois insupportables se faire latter la tronche par un tueur en série masqué dont on ignore tout? Si. Carrément.

Aussi, bien que je sois le.a premier.ère à tartiner mes règles sur l’autre genre comprenant le plus de clichés toxiques au cinéma (aka les comédies romantiques), j’avoue que je suis un.e fan.e presque inconditionnel.le du ciné d’horreur. Le confinement a été l’occasion pour la femme qui partage mon appartement et moi-même de regarder beaucoup (mais genre, BEAUCOUP) de films d’horreur. On était à un rythme d’un par jour minimum. Donc on en a vu d’à peu près toutes les époques, de toutes les qualités objectives et de toutes les qualités subjectives. Des classiques, des obscurs, des internationalement connus mais à chier… Je vous raconte pas.

Ainsi, partant d’abord des clichés donnés par Linksthesun dans sa vidéo (qui je le rappelle se concentre sur le cinéma américain post-70), nous avons ajouté au fur et à mesure nos propre clichés.

Ici nous partons sur un corpus en perpétuel mouvement, allant du classique Nosferatu de Friedriech Wilhelm Murnau au dernier Alexandre Aja, en passant par le premier succès de Na Hong-Jin. Faisons fi des films de notre adolescence et ouvrons-nous au monde pour allègrement pointer du doigt les redondances du genre préféré pour pécho (si).

Hush

Mais avant de vous livrer le fruit de nos recherches (ou de nos soirées à s’engraisser de plats divers devant des productions scénaristiquement bancales… ça va!), il faut expliquer certaines dénominations employées par nos soins.

Avant de commencer, sachez que si vous craignez le divulgachement , ne lisez pas cet article, je vais citer des exemples et ça va être moche parce que ce ne sera pas que des classiques. Sinon tracez direct jusqu’au tableau et ne regardez que ce qui vous intéresse.

EDF est un connard/SFR est une connasse

Oui, c’est bien ce que vous pensez. Il y a toujours un moment où la lumière va se couper (ou au moins grésiller), où le téléphone va se décharger ou être coupé à la source (avant les années 2000 quoi). Parfois c’est parce que le.a tueur.euse est intelligent.e et empêche les protagonistes d’appeler à l’aide, des fois c’est juste parce que le.a scénariste est un.e sadique et qu’iel a décidé de bouffer la probabilité statistique au petit dèj’ avec ses miel pops.

Patriarcat

Alors celui-là est un peu particulier puisqu’il se divise en deux catégories.

Le patriarcat qui va se faire péter la mouille: souvent utilisé dans les Rape & Revenge (dont le nom indique tout le principe), ce cliché est souvent un personnage masculin toxique qui va se faire péter la gueule parce que c’est un salaud, et Dieu sait qu’on est contents.es quand ça arrive! Mais il arrive aussi que finalement les mecs ne servent à rien après avoir fait un truc de type « Je suis l’homme de la maison, je vous protègerai » ou « Ah ciel! Mon homme est pendu dans la cave! ». Cette construction sert parfois à critiquer la figure d’autorité: dans In the tall Grass de Vincenzo Natali c’est le patriarche qui est dangereux parce qu’il veut contrôler les autres. Mais parfois, et là c’est plus drôle, on pose des figures patriarcales virilistes qui se pensent au-dessus du reste, mais qui se révèlent être un peu nulles au final (merci The Hills have Eyes, peu importe la version, pour ces papas en-dessous de tout).

Le patriarcat parce que la société pue: même si on pense que ce cliché est plus souvent présent dans les films ricains (et évidemment il y est: The mist de Frank Darabont et autres conneries) on a remarqué qu’il n’est souvent pas pensé et pas remis en cause dans le cinéma asiatique. Oui, sauf quelques exceptions, la femme ne sert souvent à rien à part à se faire sauver (ou à être la méchante). Le sauveur est mâle, hétéro et surtout papa. Le patriarche est fort, le patriarche sauve maman et fifille.

Bon, dans les deux cas, on range ça dans le cliché patriarcat, parce que c’est plus simple, mais ce n’est pas la même chose.

Google est ton ami

Oui, ça n’arrive évidemment pas dans les vieux films mais pour l’instant si Google est présent il est là pour donner des réponses, t’aiguiller et parfois même te donner le reste du scénario. C’est un cliché qui découle de médias plus anciens : la télé est ton amie, la radio est ton amie, et, évidemment pour les plus âgé.e.s d’entre nous, la bibliothèque est ton amie. Malgré toutes les bouses modernes qu’on s’est bouffé, la seule remise en cause de ce cliché, et encore assez légère, est Unfriended de Levan Gabriadze. Ceci dit c’est dans le principe: comme il met en garde contre le harcèlement en ligne Google ne peut pas être que ton ami.

Un personnage explique tout le film

Oui… c’est tout aussi débile que ça le paraît. Il découle un peu du précédent. En fait, ces deux clichés découlent du besoin grégaire de l’humain de comprendre la situation. La plupart des films qui ne lâchent rien d’un point de vue info se font descendre en flèche par le public, et même parfois par la critique. Cela parfois de manière assez injuste puisque It comes at night de Trey Edward Shults est excellent et nous plonge totalement dans son contexte: puisque le scénario ne nous livre rien sur la situation, qu’on ne comprend pas plus qu’eux la maladie que les personnages craignent, la paranoïa nous gagne donc tout autant que la famille que l’on suit, on est plongé.e brutalement dans la situation, sans comprendre ce qui se passe le moins du monde, comme eux.

Je suis un putain de héros

Oui, il y a souvent un moment où l’un des personnages (souvent masculin malheureusement) qui allait s’en sortir tout seul (ou avec un petit groupe) et pouvait en profiter pour, au hasard je sais pas moi, APPELER LA POLICE PUTAIN (c’est un autre cliché que je n’ai pas besoin d’expliquer je suppose), eh bien non ! Lui il y retourne, il essaie de sauver les autres et il n’y arrive PAS (en général). Petit big-up à notre putain de héros dans Don’t Breathe de Fede Alvarez qui, non content d’y laisser sa peau, va aussi provoquer la mort d’un autre personnage qui n’avait rien demandé (en plus il est friendzoné mais j’avoue, c’est pas un motif pour laisser crever sa pote).

La figure compétente ne sert à rien

Alors, c’est bien évidemment un dérivé du cliché de Linkthesun « La police ne sert à rien », mais en réalité c’est plus large. Comme expliqué par ledit youtubeur : « l’autorité ne te sauvera pas ». Parfois, l’autorité elle va même t’enterrer. Les médecins ne servent à rien, les psys (#The Babadook de Jennifer Kent) ne servent à rien mais alors à que dalle (c’est terrible), parfois les profs spécialistes dans la question ne servent à rien et les prêtres (pour les exorcismes) ne servent à rien (on remercie The Strangers de Na Hong-Jin pour me permettre de définitivement ajouter cette catégorie à l’international).

Ta gueule c’est magique

Alors évidemment, cela n’inclut pas les films où la magie intervient réellement (comme dans The Blair Witch Project de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, j’ai prévenu que je spoilais comme un.e sale sale) mais des fois, dans des films tout à fait réalistes, un perso va se faire renverser par une voiture et repartir en courant dans la plus grande des formes. Ou alors dans des films d’anticipation un poil réalistes dans lesquels il te manque un point d’information important sur le fonctionnement des choses… Comment elle monte cette putain de Plateforme Monsieur Galder Gaztelu-Urrutia?! Hein?! HEIN?!

Ce cliché rejoint peu ou prou le cliché « La physique je l’ai mangée » mais on va les séparer quand même parce qu’il y a des subtilités.

Le débile fait un sport de combat

Alors en fait c’est pas tant un cliché, et y a pas besoin de l’expliquer mais c’est juste que je l’ai vu en relisant mes notes et que je l’ai trouvé beaucoup trop précis, ce qui le rend assez drôle.

La différence Doom et Jumpscare

Alors, on sait tous ce que c’est qu’un putain de jumpscare parce qu’on a tous renversé la boisson qu’on avait dans la main quand Scott Derrickson a choisi d’utiliser une tondeuse dans Sinister, mais qu’est-ce qu’on appelle un Doom? Un Doom (titre inspiré d’une autre vidéo de Linkthesun par ailleurs) c’est un type de jumpscare, parfois sans bruit, parfois avec un woosh, parfois avec un doom, où une forme sombre qu’on ne peut pas distinguer du tout (je suis sûre qu’ils font ça avec une serviette noire qui passe devant la caméra en réalité) passe rapidement devant la caméra, évidemment sans que le personnage ne la voit. C’est encore plus nul qu’un jumpscare mal utilisé.

« Ne pas lire à voix haute… » Oups!

On pourrait le confondre avec « on va vers la menace » mais non! Quand on va vers un endroit qui pue, ben il pue déjà. Mais des fois on aurait pu juste se rendre dans ce vieux cimetière indien et repartir dans le plus grand des calmes. MAIS NON! Jean-Charles Trouducul (souvent celui qui fait des sports de combat) va embarquer une pierre qui traîne parce qu’elle fera joli au cou de sa zouz et BOUM! Les esprits ancestraux vont venir les scalper.

Tu es la source de tes propres problèmes Jean-Charles Trouducul.

Artiste

Il y a TOUJOURS (ou presque) l’un des personnages qui écrit (évidemment parce que Stephen King aime s’auto-sucer dans ses œuvres), qui peint ou qui fait de la sculpture sur plastique mais on a toujours un artiste qui va s’attirer des couilles, ou attirer des couilles aux autres d’ailleurs, merci In the mouth of Madness de Carpenter.

Handicap

On a souvent un personnage qui va avoir un handicap, et souvent un handicap physique. Ce handicap peut être jouant, comme dans Hush de Mike Flanagan où la surdité de la protagoniste va d’abord la foutre dans la merde avant de la sauver (j’ai aucun regret avec celui-là c’est une daube) ou des fois où c’est juste pour qu’on ait une mort plus spectaculaire et parfois plus débile (c’est pas un film et c’est une comédie d’horreur mais dans la super série Screaming Queen de Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan, la sourde met mille ans à capter qu’une tondeuse à gazon leur tourne autour alors qu’elles sont enterrées avec la tête qui dépasse du sol).

Oui, ici on peut parler de comédie d’horreur puisque c’est un genre qui va énormément jouer sur les clichés, et donc faire ressortir les clichés qui nous énervent.

Un personnage issu d’une catégorie de population discriminée meurt en premier

Alors oui, chez les ricains on a tendance à dire « oui le noir meurt en premier, bla bla bla » mais en fait c’est dans une catégorie plus large. Les premiers morts, parmi les protagonistes que l’on suit vraiment (j’insiste parce que je vais expliquer après), sont souvent : les personnes racisées, les homosexuels.les (ou une personne catégorisée par les clichés de genre comme homosexuelle sans que son orientation sexuelle n’ait été clairement dévoilée), la fille avec la sexualité la plus débridée (la salooooooooope…) et cætera.

Nous dirons donc merci à John Carpenter d’avoir fait survivre presque jusqu’à la fin le personnage noir et catégorisé comme homosexuel dans The Thing (le premier by the way, j’ai pas vu le remake).

On en a rien à secouer du premier mort

C’est assez violent mais je m’explique. En général, on n’a aucun attachement émotionnel (en tant que spectateur) avec le premier à se faire péta. Soit parce que Jean-Charles tueur a besoin de fringues et va trucider figurant numéro 129, soit c’est un Jean-Jacques Random, plus ou moins proche des personnages principaux, qui avait le malheur de venir acheter une paire de bottes à ce moment-là. On en profite donc pour faire un meurtre un peu rigolo parce que de toute façon on en a un peu rien à foutre de Jean-Jacques Random. Un exemple? Le meurtre par crabe de Léonard Hofstadter (je sais que l’acteur a un vrai prénom, ouin ouin ouin, tu vas faire quoi?) dans le grrrrrrandiose I know what you did last summer de Jim Gillespie.

Parent de l’année

On a souvent, et cela surtout quand les protagonistes sont des ados, un daron ou une daronne qui est un sacré sac à foutre. Violeureuse, menteureuse, violent.e, absent.e, alcoolo, religeux.se à outrance (si tu as vu le chef-d’œuvre de Brian de Palma Carrie tu sais de quoi je parle) ou tout simplement connarasse par ses propos (la daronne dans Don’t Breathe est un super exemple), tant de traits de caractère délicieux qui nous font dire « Merci papa, merci maman, tous les ans je voudrais que ça recommence ».

Image métaphorique du pénis ou du phallus

Si.

Instant « J’ai un plus gros pénis »

Il y a toujours un moment où deux personnages vont avoir un combat de virilité à deux balles. Nous noterons la scène peu subtile de The mist où le petit gars à lunettes tend un couteau au Redneck plein de tatouages, et que celui-ci sort un plus gros péni… couteau de son pantalon.

« Je joue dans un groupe qui s’appelle Tokio Hotel »

Il y a effectivement un quotient « personnage trop dark » ou trop en dépression dans les films d’horreur. Ça fait plais’.

Mon mec est un connard

C’est un peu la même chose que le parent de l’année, mais là avec le petit ami de la protagoniste principale. Ce coup-ci c’est au masculin parce que pour l’instant nous n’avons pas d’exemple féminin.

« T’es pas le bienvenu étranger »

Souvent, notre protagoniste principal.e va arriver au sein d’un groupe, ou dans un lieu qui donne envie d’y prendre ses vacances, et tout le monde lui fait bien savoir qu’on serait mieux s’iel déguerpissait vite, mais genre… maintenant.

Et maintenant voici venir ce que vous attendez tous, le tableau (tenu à jour de nos visionnages par nos soins) : 54 films sont présents.

A plus les bichons! N’hésitez pas à vous munir d’un carnet et à nous envoyer le tableau, on adorerait.

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